Num_riser0031L'été, la côte connaît une grande animation. C'est la saison des bains de mer. Les Montpelliérains, amateurs de music-hall et qui fréquentent en temps normal l'Eden-Concert ou l'Eldorado avec ses loges en béton armé, prennent le chemin de Palavas. Cette station démarre bien. Peu à peu, des villas se sont édifiées, coquettes ; le Casino Granier, au bord de la plage, offre une saison de plus en plus complète du 15 juin au 15 septembre : concerts de musique légère, concours de cliques ou fanfares, représentations d'opérettes animent les matinées et les soirées, d'autant que le "petit train" met la plage à vingt minutes de Montpellier.
Valras accueille pareillement les Bitterois. Car la soif des spectacles, de divertissements, de revues, est grande ; et l'on voit souvent les Bitterois mécontents de leur propre théâtre municipal insuffisamment subventionné aller au
Num_riser0032 Casino de Valras voir les attractions en famille, dans la belle salle au splendide plafond peint par le maître Couderc. Mais les Cettois ne sont pas en reste puisque le Kursaal accueille opéra, opéra comique, opérettes, à côté des salles de jeux.
Voici comment les journalistes du moment envisageaient les joies de la plage : "... les amateurs de musique se donnent tous rendez-vous sur la terrasse du Casino (celui de Palavas dans ce cas). Là en sirotant son bock ou en sirotant son absinthe, tandis qu'une légère brise vous caresse agréablement, vous passez de délicieux instants à écouter le concert musical donné sur le "kiosque". Pourtant à quels risques ne s'exposent-on pas ? Voyez plutôt : "... certains
Num_riser0035jeunes gens grossier pour ne pas dire plus qui se rendent sur la plage avec des appareils instantanés pour photographier les baigneuses. Toute personne délicate comprendra facilement l'inconvenance du procédé" !
Enfin un autre aspect du bain de mer est mis en évidence : celui des soins curatifs qu'il procure. Ainsi, Cette, à la fin du siècle, est reconnue officiellement comme station balnéaire. Un sanatorium maritime y est construit dans les premières années du XXème siècle. Quant au Lazaret protestant fondé en 1965 il accueille chaque année des centaines d'enfants.
Ainsi, le thermalisme sans être une activité nouvelle, est en plein essor à la fin du XIXème siècle : à Balaruc-les-Bains où l'eau de source sort à 46 degrés, mélange d'eau douce et d'eau salée provenant de l'étang de Thau, et à Avènes-les-Bains. Lamalou-les-Bains surtout acquiert une réputation enviée dans les soins contre lesNum_riser0039 rhumatismes et les maladies du système nerveux. Au début de notre siècle, une publicité assure que les trois établissements de Lamalou comprennent 12 piscines, des douches, des baignoires, qu'on y pratique les massages, les bains de pieds en courante chaude, que les installations hydrothérapiques sont parmi les plus complexes et les plus modernes. Tout y est prévu, même une étable où les vaches servent "à procurer aux baigneurs un lait d'une pureté incontestable" !
Le bon équipement hôtelier de la station y attire une riche clientèle, les jardins offrant le repos sous les riches frondaisons que recherchent les curistes.