Aux alentours de Séries, au printemps, on peut entendre chanter toutes sortes d'oiseaux ; oiseaux de jour comme les pinsons, mésanges ou chardonnerets ; oiseaux de nuit : hiboux et chouettes ; oiseaux familiers comme les rouges-queues qui nichent dans le village ou plus discrets comme le coucou, le pic et le rossignol que l'on entend ou voit rarement.
Mais, contrairement aux villages voisins, l'arrivée du printemps n'est pas annoncée par les acrobaties aériennes des hirondelles. Car il est vrai qu'il n'y a plus d'hirondelles à Séries.
Et pourtant, la légende raconte qu'autrefois certaines nichaient au bord des toits et dans le clocher. Or, justement à Sériès, le clocher est situé au-dessus de la porte de l'église. On dit qu'autrefois, il y a bien longtemps, le bon curé de Séries s'acheminant vers l'église et arrivant sur le pas de la porte, reçut de la part d'une hirondelle du clocher un projectile qui entacha fâcheusement le noir impeccable de sa soutane.
Cela fit un très mauvais effet de se présenter ainsi à l'église. Notre curé prêt à perdre patience eut l'idée de tirer la chaîne de la cloche afin de faire fuir les oiseaux salissants. On dit qu'il sonna si fort que les oeufs se brisèrent dans les nids, et si longtemps qu'il découragea les oiseaux enfuis de revenir.
Parfois en automne ou au printemps, quand le brouillard recouvre la montagne, quelques hirondelles perdues viennent se poser sur les fils électriques ou sur les toits du village, mais dès que le soleil réapparaît, elles prennent leur envo comme si la légende se racontait aussi chez les hirondelles.

Mémoires du pays d'Orb