Département Hérault

vendredi 13 avril

Jean Moulin

Un petit clic sur le lien ci-dessous :

http://unmotdejeanmoulin.hautetfort.com

Il vous donnera l’élément historique essentiel et plutôt stupéfiant qui est
au cœur de l’ouvrage que nous avons publié en 1995 sur les raisons
profondes de l’élimination physique de Jean Moulin en 1943.

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mercredi 22 février

Pézenas

Délibérations importantes de la communauté
Il existe un grand nombre de délibérations très importantes, parmi lesquelles nous en trouvons une du 22 mai 1300, relative au souvenir de la croisade contre les albigeois ; elle est ainsi conçue :
« … Afin de prévenir les maux qu’ils avaient reçus des gens d’église au sortir de la guerre des albigeois, alors que le fanatisme, la superstition et l’ignorance étaient à leur plus haute période, le conseil général des habitants formule le règlement suivant :
« Il est fait défense aux consuls et conseillers, à leurs femmes, enfants et domestiques, de fréquenter les religieux, boire, manger avec eux, ni avec les supérieurs des maisons, en recevoir des présents, à peine d’infamie, de privation de leurs charges et de restitution des présents. »
Les consuls et les conseillers, en entrant en charge, jureront d’observer le présent règlement, qui sera lu chaque année, lors des élections.
Une autre du 17 mai 1301 rappelle celles des 29 et 30 juin 1298, au sujet des poursuites à exercer contre les meurtriers de Pierre Cairon, consul-député à Paris, où il a été assassiné.
La communauté demande au viguier de Béziers d’autoriser l’imposition faite à ce sujet et de mettre à la raison les habitants qui refusent de la payer, et prie le  lieutenant du sénéchal de Carcassonne de faire punir les deux assassins dudit consul, qui sont entre les mains du viguier de Béziers.
Le 19 juillet 1533, le Consieil général décida qu’à l’avenir les consuls porteraient à perpétuité des robes écarlates longues, ceinturées à la façon des sénateurs, et le chaperon aussi écarlate, à l’instar des consuls de Béziers, Toulouse et autres villes.
Cette mesure fut prise à l’occasion du passage du roi François Ier, de la reine et de la famille royale.
Ces robes, qui avant cette époque étaient en serge noire, furent seulement changées de couleur ; mais lors du passage du roi Louis XIV, les consuls endossèrent des robes de soie rouge avec des ceintures de la même étoffe, qu’ils conservèrent jusqu’à la Révolution.
La communauté allouait de 25 à 35 livres à chaque consul pour l’achat de sa robe, somme qui s’éleva, par suite de ce changement, à celle de cent livres.
Les consuls de Pézenas avaient le privilège qui n’existait que dans une autre ville du Languedoc, celui d’imposer 900 livres tous les ans par ordre du roi, qui leur permettait de faire cette imposition pour les affaires extraordinaires de la ville et du lieu de Conas annexé.
Plusieurs sont relatives aux dons que la communauté ou les habitants faisaient aux rois de France dans les moments critiques de leur règne.
Les dames et les personnes notables de la ville, dans ces circonstances, firent don aux consuls de tout ce qu’elles possédaient en argenterie, pierreries et bijoux précieux.
En 1249, ce fut pour payer la rançon du roi Louis IX, prisonnier des Sarrazins, avec ses deux frères Charles et Alphonse.
En 1356, pour le roi Jean, dit le Bon, fait prisonnier par le prince Noir, et envoyé en Angleterre.
En 1525, il en fut de même pour François Ier, prisonnier de Charles Quint, après la bataille de Pavie.
Sous le ministère du duc de Choiseul, secrétaire d’Etat au département de la marine, le Conseil général de Pézenas fit don au roi Louis XV d’une somme de dix mille livres pour l’augmentation du matériel de la flotte française, ce qui résulte, outre la délibération dans laquelle nous trouvons ce don, d’une lettre de remerciements du duc de Choiseul portant la date de novembre 1762.

 FABRE

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vendredi 09 septembre

Les pesca-luno de Lunel

Cette petite ville, surtout connue pour ses vins et son fameux muscat, arbore sur ses armes un croissant de lune. Est-ce en mémoire de la participation aux croisades de l'un de leurs seigneurs ? Certains ajoutaient parfois un ou plusieurs croissant à leur blason pour rappeler leur mission chrétienne en Orient. D'après André Bernardy, ce dont on peut être sûr, c'est qu'une légende est à l'origine du surnom peu flatteur donné aux Lunellois, les "pesca-luno" (pêche-lune), par les villageois d'une commune voisine. La voici résumée en quelques vers qui figurent au dos de certaines cartes postales vendues dans les commerces de la ville ; preuve que les habitant ont eut l'intelligence de s'en amuser :Septembre_001

"Aquéli gèn de Lunèu,
Qué n'en fan toujou qu'aucuno,
S'anérou imagina d'ana pesca la luna.
La luna èro coungrado,
Crésien qué sèro negado,
L'anérou touti pesca
Din un panié trauca."

"Ces gens de Lunel,
Qui font toujours quelque bêtise,
Allèrent s'imaginer de pêcher la lune.
La lune était cachée,
Eux crurent qu'elle s'était noyée,
Ils allèrent tous la pêcher
Dans un panier troué."

Si la majeure partie des Lunellois ne se sent pas offensée par cette galéjade, certains esprits chatouilleux - probablement lassés d'être assimilés à des benêts - ont décidé de retourner le compliment à leurs auteurs présumés. Et là, c'est de bonne guerre ; ce sont ces derniers qui font figure de naïfs. Voici donc l'histoire de l'arroseur arrosé, version Lunel : autrefois, les Lunellois pêchaient avec des paniers d'osier lestés qu'ils descendaient jusqu'au fond de l'eau grâce à une corde. Ils attrapaient ainsi de grandes quantités d'anguilles qui se jetaient sur les appâts déposés au fond de ces nasses improvisées. Ils avaient inventé cette technique astucieuse (c'est donc la preuve qu'ils étaient malins...), mais n'en avaient soufflé mot à personne. Un soir, ils furent épiés par des "étrangers" (à Lunel) qui, ne comprenant rien à leur manège, en auraient déduit qu'ils essayaient d'attraper la lune. Ils allèrent le raconter partout, et comme les Lunellois ne voulaient pas divulguer leur astucieuse méthode de pêche, ils ne cherchèrent pas à se justifier. Le nom de "pesca-luno" leur resta !

Extraits du livre : Les mystères de l'Hérault de Paula et Olivier Astruc.

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jeudi 25 août

L'Hérault géographique en 1888

L'Hérault prend sa source dans la montagne granitique de l'Aigoual (1567 mètres), canton de Valleraugue (Gard), près des sources de la Dourbie, de la Jonte et du Tarnon, affluents du Tarn. Il se précipite de cascade en cascade dans une belle gorge rocheuse, au milieu de rochers et de bouquets d'arbutes et d'arbres. Sur un parcours de 10 kil. à vol d'oiseau à partir de sa source, il tombe d'une hauteur de 1,049 mèt. Puis la pente s'adoucit et l'Hérault serpente au milieu de belles châtaigneraies, avant de traverser, au delà de Valleraugue, des gorges rocheuses contournées en méandres, jusqu'à Pont-d'Hérault. Serpentant alors dans des gorges schisteuses et calcaires à peu près désertes, il entre dans leao_t_001 département d' l'Hérault en amont de Ganges, arrose la Roque, longe les parois de la montagne de Thaurac aux grottes célèbres et aux nombreux avens, laisse Agonès sur la droite, baigne Saint-Bauzille-de-Putois, laisse à droite Brissac et son beau château, traverse les célèbres gorges de Saint-Guilhem-le-Désert, entre au pont du Diable dans une belle plaine, laisse à droite Saint-Jean-de-Fos, et Aniane à gauche. L'Héraut s'approche ensuite de Gignac, baigne Canet, Belarga, passe entre Paulhan et Campagnan, près d'Usclas et de Cazouls. En aval de Pézenas, l'Hérautlt laisse Florensac sur la gauche et Bessan sur la droite. A partir de ce point, son lit canalisé devient navigable. L'Hérault traverse Agde et tombe dans la Méditerranée au fort du Grau, après un parcours de 164 kilomètres dont 99 dans le département de l'Hérault. L'embouchure de l'Hérault est endiguée ; mais le courant violent par les temps de crue, les bancs de graviers en se formant, en déplaçant et limitant le tirant d'eau à moins de 3 mètres sur la barre, déterminent par certains vents des obstacles et des dangers. - Les affluents le l'Hérault sont la Vis, la Sumène, le Merdanson, l'Alzon, l'Avèze, le Buèges, le Lamalou, le torrent de Verdus, les sources de Clamouse, la Corbière, le Gassac, le Laveng, le Lagamas, la Lergue, la Dourbie, la Rouvièges, le Dardaillon, la Boyne, la Peyne et la Tongue.

La gravure : Les Gorges de l'Hérault.

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mercredi 10 août

Saint Guilhem le Désert - Feu d'artifice

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samedi 11 juin

La faïence de Montpellier

num_risations_JUIN_001La fabrication de la faïence à Montpellier apparaît à la fin du XVIe siècle. Elle est liée aux besoins de récipients pour drogues et onguents des établissements hospitaliers et pharmaceutiques de la région.
C’est à la fin du XVIIe siècle que la production atteint son apogée. Elle était assurée par des ateliers renommés ou par des dynastie d’artisans, comme les Favier ou les Ollivier, qui s’élevaient au rang d’artistes. Les décors évoluent et l’inspiration italienne des débuts fait place à la création de décorateurs dont ceux de l’école de Nevers. Au début du XVIIIe siècle, la production passe à un stade presque industriel et la manufacture royale de Jacques Ollivier emploie jusqu’à trente décorateurs et trois cents ouvriers. Après une période d’incertitude, la faïence de Montpellier, victime de son attachement aux techniques traditionnelles périclite au début du XIXe siècle.

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jeudi 05 mai

Collège de filles en 1920 à Lodève

num_risations_MAI_032Cliquer sur l'image pour la voir en grand.

De haut en bas et de gauche à droite :

- au premier rang : Paulette Dorques, Fifi Normand, Madeleine Salles, M. Martin, Renée Enjalric, Denise Salles, Madeleine Connes, Suzanne Jullian, Paule Guilloux et Jeanne Connes.

- au deuxième rang : Jeanne Dorques, Jacqueline Causse, Odette Cunienq, Gilette Baldare, Denise Caisergue, Paule Colot et Simone Anglade.

- au troisième rang : Simone Desfour, Anne-Marie Basser, Brunet, Marguerite Vidal, Odette Jacot, Jeanne Talis, Olga Colomb, Eugénie Donadilhes et Marguerite Hugounenq.

- au quatrième rang : Augustine Grebassa, Odette Nougaret, Marthe Michel, Andrée Chambord, Jeanne Causse, Marie Talis, Renée Christophe et Paule Pascal.

- au dernier rang, assises parterre : Jeanne Rodier, Marie Baldare, Renée Benavenq, Suzette Aussaresse, Renée Merlac, Marguerite Irisou, Jeanne, Maillet, Marie-Louise Bassere, Paule Poujet, Andrée Raillac et Madeleine Darnaudi.

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mardi 05 avril

La galéjade

Les produits du Midi et les Méridionaux eux-mêmes supportent très bien l'exportation, grâce peut-être aux violents parfums de lavande, d'ail, de menthe, dont ils sont imprégnés. Toutefois la galéjade, qui est bien le produit le plus authentique du Midi, perd beaucoup à être dépaysée ; il en est d'elle comme de ces fruits du tropique qui nous arrivent dans des boîtes de fer-blanc, et qui ont laissé au sol natal leur goût sucré, aromatique ou poivré, si bien que l'ananas devient, pour les profanes, un véritable melon.
Mon ami Marius Fourcade, le plus fin des galéjaire, c'est-à-dire des fabricants de galéjade, ne s'en doutait pas ; il n'était jamais sorti de Provence, et il ne croyait guère qu'il existât au nord de la Durance un pays de Franchimands. Ses lectures et ses affaires lui ayant révélé que ce pays existait réellement et que même la Provence, y compris Tarascon, en faisait partie, il se mit en tête la meilleure de ses galejado, et quand il la posséda bien par coeur, quand il se fut assuré par des expériences sur ses compatriotes qu'elle ne manquerait pas son effet, il attendit...num_risation_avril_001
Il attendait quoi ?... Ne risquait-il pas, en l'apportant trop tard à Paris, de la trouver éventée ou faisandée, au moment solennel du déballage ? Oh que non ! C'était une de ces galéjades bâties à chaux et à sable qui peuvent rouler des années de par le monde méridional, et que n'endommageraient ni les boues de la Camargue, ni les cailloux de la Crau. Bref, c'était une galéjade de première qualité.
Mais voici un quart d'heure que je parle de galéjade, et je suis peut-être le seul de l'honorable société qui sache ce que c'est qu'une galéjade. Si mon ami Marius lisait par-dessus mon épaule, comme c'est son habitude, il me dirait : Galéjaire, va ! La galéjade, en provençal galejado, est une plaisanterie plus ou moins prolongée que l'on fait à quelqu'un, sous forme d'une histoire à dormir debout, d'une mystification orale, d'une discussion que Théophile Gautier qualifierait hardiment de coq-à-l'ânesque. Il ne me reste plus qu'à vous rendre témoins de la mésaventure qui arriva à M. Marius Lafourcade et à sa galejado.
Marius s'était faufilé, avec la modestie et la timidité qui caractérisent tous les Marius du Midi, dans un salon où il ne connaissait personne et où il n'était connu de personne. Cette circonstance ne lui causait aucune gêne, au contraire : il n'en avait que plus d'aplomb, et c'est beaucoup dire. Il s'était bientôt mis au fait de la conversation générale, et il était scandalisé par la correction, la politesse extrême, les expressions choisies qui y régnaient. Il se disait : "Marius, mon bon, si ça continue, tu ne trouveras pas une occasion d'ouvrir le bec."
Juste à ce moment-là, une vieille dame le regarda entre les deux yeux, comme si elle avait redouté que l'intrus n'ouvrît vraiment le bec. Marius se sentit deviné et se répéta : "Marius, mon bon, c'est le moment : si tu t'en vas sans avoir débité ta galejado... eh bien ! tu n'es qu'un Franchimand."
Un vieux monsieur venait de raconter une fine anecdote qui avait amener un léger sourire. Seul Marius gardait son sérieux, il trouva cela bien fade, il avait l'air d'un boulanger qui contemple une pâtisserie. Soudain, il prit la parole, à la grande terreur de la dame, qui tenait beaucoup à la réputation de son salon.
- La belle affaire ! dit Marius. Il aurait fallu voir la figure que faisait le ministre de la Marine quand je lui ai adressé mon discours, en ma qualité de maire des Martigues.
- Ah ! vraiment, mon ami, vous êtes le maire des Martigues. Vous êtes bien jeune. Cela m'étonne.
- Moi, ça ne m'étonne pas du tout, reprit Marius. Donc je prends le ministre par-dessous le bras, je l'emmène sur la plus haute montagne des Martigues...
- Mon ami, dit un des auditeurs, les Martigues sont à plus de vingt lieues de toute montagne.
- Je m'en doutais bien, répond Marius. De là-haut, je lui montre l'extrémité de la botte. Vous savez, cette botte que les Italiens nous menacent de nous mettre au bas du dos pendant que nous nous battrons, et je lui dis : "Monsieur le ministre, voilà Rome, d'où Humberto nous fait des pieds de nez." Eh bien, savez-vous ce que me répond le ministre ? Il me répond : "Qu'est-ce que tu ferais ? Marius. - Eh parbleu ! je planterais sur cette butte un canon, que dis-je, dix canons, vingt canons, cent canons, tous dirigés vers le coeur de l'Italie, sur la demeure d'Humberto." Le ministre m'embrasse et me dit : "Marius, tu es un patriote, viens me voir à Paris." Malheureusement il oublie de me laisser son adresse. Eh bien, vous autres, qu'est-ce que vous dites de ça ?
Trois messieurs âgés, aussi décorés les uns que les autres, se regardaient avec étonnement, et ensuite regardaient Marius ; il était évident qu'ils le croyaient échappé de quelque cellule. A la fin l'un d'eux prit dans sa poche un petit carnet d'où il tira une carte de visite et la tendit à Marius.
Celui-ci, qui avait d'ordinaire le teint d'un beau rouge, d'un rouge de homard, lut la simple ligne, et aussitôt son teint tourna au vert. Ces quelques mots étaient : "M. l'amiral de C., ministre de la Marine et des Colonies."
Deux ou trois jours après, on me racontait sa mésaventure. Comme il se douta bien que je la connaissais, il me dit sans préambule :
- Eh bien ! oui, j'ai eu tort de ne pas allez chez monsieur le ministre.

M. BERTAUT - Article de 1891

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vendredi 04 mars

Villeneuvette

Pendant que l'on soutenait la manufacture des Saptes (près de Carcassonne), vers l'année 1666, il y eut des particuliers qui voulurent l'imiter et firent construire une maison près de Clermont-de-Lodève. Cette nouvelle manufacture s'appela, Villeneuvette, sur la Dourbie.
Avant cette époque, il existait, à quelque petite distance en amont de la rivière, un petit établissement industriel qui aurait bien pu être une ferme ou un moulin. Ce lieu se trouve mentionné dans une charte de 1661, concernant Pierre de Posquières, alors évêque de Lodève. Cette masure appelée, de nos jours, la "factura vieilla" (vieille manufacture). Le 20 juillet 1677, des lettres patentes du roi consacrèrent l'établissement de la manufacture de Villeneuvette par autorisation royale. Exempte de toutes les charges ordinaires, pouvant s'approprier les eaux de la Dourbie, ainsi que les terres environnantes nécessaires aux besoins, la compagnie se trouva dès lors chez elle.num_risation_mars_001
Elle fabriqua des draps Londrins et voulut les envoyer au Levant. Mais le manque de fonds la fit échouer. Elle fit mal ses affaires et pour la soutenir, le roi fit prêter par la provine 130.000 livres à cette manufacture et à celle des Saptes, sans intérêts, pour plusieurs années, et payer par la province une pistole de chaque pièce de drap fin qui s'y fabriquerait. Outre cela, il fut fondé une seconde et une troisième compagnie pour faire le débit de ces draps du Levant pendant six ans.
C'est de cette manière que ces deux manufactures se sont soutenues depuis leur établissement. Elles font des draps dans la dernière perfection ; ils se vendent au Levant avec profits et par préférence à ceux de Hollande. Les marchands de Marseille en font commerce sans obstacle. Il pourrait même être porté aussi loin qu'on voudrait et détruire celui des hollandais, parce qu'on peut le faire avec beaucoup d'avantages sur eux. Ces avantages sont : la bonté des eaux, la facilité d'avoir des laines d'Espagne et du pays, la situation de Marseille. - (de Barrette)
En 1699, les manufactures languedociennes envoyaient dans le levant mille pièces de drap à 300 fr. chacune.

De nos jours, Villeneuvette occupe près de 300 ouvriers et fabrique des draps de troupe. Les environs de l'établissement sont séduisants ; les bosquets et les jardins y sont semés à profusion. Les anciens bâtiments, remplacés par des constructions modernes. L'usine et les habitations sont enfermées dans une enceinte et forment la commune de Villeneuvette, "gracieuse oasis dans une région déplorablement déboisée".
D'après l'histoire de Clermont par Fleury-Geniez

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mercredi 16 février

La pétanque de Sacha Distel

A écouter ici : http://www.bide-et-musique.com/song/8272.html

En juillet dans le Midi
Dans chaqu' village, on se dit :
« Et voilà, voilà enfin les Parisien
On va encore leur apprendre
À jouer à la pétanque
Quelle raclée on va leur mettre aux Parisiens »
On sort les boules en attendant
Et l'on s'entraîne en attendant
Quand ça fait bang, tout le monde s'écrit avec l'accent :
« Encore un carreau en place
Encore un carreau, un carreau d'placé
Encore un carreau en place
Encore un carreau, un carreau d'placé »

Histoire de les appâter
On les laisse d'abord gagner
Et faut voir, faut voir la joie des Parisiens
Ils se prennent pour des champions
Quand ils sont prêts du bouchon
Et s'écrient : « Les gars, ça y est ! Ça y est on tient »
Oui mais Fernand à c'moment là
Leur dit : « Messieurs, excusez-moi ! »
Il ferme un œil, vise la boule et à chaque fois :
Encore un carreau en place
Encore un carreau, un carreau d'placé
Encore un carreau en place
Encore un carreau, un carreau d'placé

Quand la partie est finie
On s'en va boire le pastis
Sur le camp, le camp, le camp des Parisiens
Mais quand ils rentrent chez eux
Ils racontent à qui-mieux-mieux : (??)
« Quelle raclée on leur a mis aux gars du coin ! »
Et le lendemain, ça recommence
Et le lendemain, c'est la revanche
Car la pétanque, c'est vraiment les vacances
Encore un carreau en place
Encore un carreau, un carreau d'placé
Encore un carreau en place
Encore un carreau, un carreau d'placé

Encore un carreau en place
Encore un carreau, un carreau d'placé
Encore un carreau en place
Encore un carreau, un carreau… un carreau d'placé

petanque

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mardi 25 janvier

Ecole supérieure de Commerce de Montpellier - 19me promotion - 1917

L'enseignement supérieur montpélliérain a ses lettres de noblesse. Il remonte en effet aux XIIème siècle et s'est exercé, de 1220 à 1793, dans le cadre d'une université puis, après la suppression de cette institution en France, dans celui de diverses facultés (médecine, droit, lettres, sciences) de 1808 à 1896. C'est à cette dernière date qu'une loi rétablit les universités qui sont désormais des établissements formés par la réunion des facultés d'une même ville. Montpellier est alors une des dix-sept universités de France.num_risation_janvier11_003
A la fin du XIXème siècle, cette université jouit d'un prestige assez grand pour attirer les étudiants de toute la France et divers pays étrangers. C'est ainsi que la faculté de médecine accueille alors une petite colonie d'étudiants et d'étudiantes russes et bulgares.
Ce tableau de l'enseignement dans l'Hérault ne serait pas complet si l'on omettait de signaler l'existence de divers établissements d'enseignement professionnel. L'École Nationale de l'Agriculture de Montpellier est certainement le plus connu en raison du rôle qui a été le sien, dans les années 1870, dans la lutte contre le phylloxéra ainsi que dans l'adoption par les milieux viticoles de nouvelles techniques culturales.
Par ailleurs la Chambre de commerce et d'industrie a fondé une École supérieure de commerce (reconnue par l'Etat en 1897) et ses homologues de Béziers et de Cette ont fait de même créant respectivement une École pratique de commerce et d'industrie dans chacune de ces deux villes. Enfin, le village d'Aniane est le siège d'un établissement dépendant du ministère de l'Intérieur, la Colonie industrielle et agricole à la discipline sévère, qui rééduque de jeunes délinquants.

Mireille LACAVE - Jean SAGNES

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samedi 22 janvier

Gabian - Remparts, châteaux et église

Vieux_remparts_Gabian34Les remparts de Gabian subsistent presqu'en leur entier, on s'est contenté de percer des ouvertures dans les murs.
L'église servait de rempart, il n'y avait aucune interruption, jusqu'à la porte de Pouzolles ; les murs continuaient derrière la maison Bastard jusqu'à la porte de Faugères et de là à celle de la rivière, en face la gare du chemin de fer de Paulhan à Roquessels ; comme on le voit sur la gravure ci-jointe.
Il ne reste aucune trace des quatre portes, qui, en 1789, étaient encore fermées tous les soirs par les soins des consuls. (1)
Il y avait deux châteaux dans l'enceinte : le Castrum Gabanium est celui désigné dans les chartres et autres documents. Il fut démoli quelques années avant la révolution, et ses débris servirent à construire les maisons qui existent à cet emplacement.
Le château placé sur le bord de la rivière était plutôt une maison de plaisance qu'un château fort. Il servait de résidence aux évêques, seigneurs de Gabian, lorsqu'ils visitaient leurs vasseaux. C'est là, dit un historien, que ces prélats venaient en villégiature, attirés d'abord par la beauté du site et par le voisinage du riche et agréable prieuré de Cassan. On le désigne aujourd'hui sous le nom d'Abesquat (évêché). Il était adossé aux remparts et prenait jour sur la rivière par des ouvertures faites aux murs.Eglise_Gabian34
L'église primitivement romane, ainsi que l'indique la porte semi-circulaire de l'ouest, les baies de la partie inférieure du clocher qui sont de même forme et des fenêtres tribolées dans le mur du côté du sud, a été remaniée et agrandie dans le XVe siècle. De cette époque datent les fenêtres géminées, à nervures flamboyantes, du mur opposé, et les deux étages dont la tour a été exhaussée, ainsi que la flèche, dont le galbe élancé fait le principal ornement de l'église en tant qu'édifice.
La vue de l'église et du clocher est prise du côté de la rivière.

(1) Cahier des doléances aux Etats généraux de la commune de Gabian en 1789

Article de l'Hérault Historique de 1876 - Albert et Paul Fabre

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mardi 18 janvier

Un grand bienfaiteur de Montpellier

Guillaume Grimoard (1309-1370) était né à Grisac (Lozère) et avait fait ses études de droit, de théologie et de droit canonique à Montpellier.
Il devint pape (1362) en Avignon, sous le nom de Urbain V.
Toute sa vie, il manifesta une sollicitude infinie à l'égard de la ville de Montpellier où il avait passé son adolescence studieuse, et qu'il appelait justement "le verger des sciences et la fontaines aux eaux toujours vives du savoir". Aussi la dota-t-il magnifiquement !
Ses énormes libéralités allaient surtout au développement de l'enseignement du droit, de la médecine et de la théologie. On peut écrire qu'il fut le promoteur de la haute renommée universitaire de Montpellier.
On lui doit, en outre, l'édification de la cathédrale, du monastère et du collège Saint-Benoît, enfin du collège célèbre des Douze-Médecins.
Ce n'est là que le résumé local de l'activité prodigieuse de ce grand pape français dont Pétrarque disait : "Jamais mes paroles n'ont égalé ce que je pense de ce pontife ; mon style a été vaincu par ses mérites."
Les Montpelliérains n'oublieront pas le sixième centenaire de l'illustre homme du Gévaudan.

(J'ai retrouvé cet article dans un livre de 1908 concernant l'Hérault)

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vendredi 03 septembre

Béziers : un souvenir tragique

Le 22 juillet 1209, la ville de Béziers vit arriver sous ses remparts, une sinistre armées : celle des Croisés qui venaient de combattre en terre languedocienne l'hérésie cathare.
Solidaires entre eux, les Bitterois ne purent se résoudre à livrer celles et ceux d'entre eux qui n'avaient que le tort de ne pas penser la religion comme l'église catholique le souhaitait. Le légat du Pape, Arnaud Amaury aurait alors dit la phrase terribles "Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens".
b_ziers
Vraie ou non, la sentence était terrible et Béziers allait devenir le théâtre du premier fait guerrier marquant de la croisade contre les Albigeois.
Qu'en pensaient les gens de cette époque ? Découvrons, après traduction et adaptation, quelques extraits de chroniques.
"Le seigneur et vicomte de Béziers, Raymond Roger Trencavel, neveu de Raymond VI, comte de Toulouse, demande aux Bitterois de se défendre avec courage et vigueur. Il doit lui-même aller rejoindre Carcassonne pour mettre la cité en état de défense et regrouper les troupes.
Pendant ce temps, l'armée des croisés - une immense armée ! - arrive à Béziers et installe son campement. Un message est envoyé aux habitants afin qu'on leur livre tous les hérétiques qui sont au nombre d'un peu plus de deux cent.
"Nous sommes tous chrétiens, nous ne voyons parmi nous que des frères : nous prions ensemble et nous saurons, si le faut, mourir ensemble" Ainsi répondent avec noblesse les habitants, une noblesse dont n'ont que faire les assiégeants.
Conséquence de l'imprudence de jeunes défenseurs qui sont venus braver les ribauds, les portes de la ville se retrouvent ouvertes et laissent passer tout ce qui compte de pillards et de guerriers sans foi ni loi. La surprise est totale de part et d'autre. Les croisés suivent le mouvement et constatent que le massacre est total. Même en l'église de la sainte Madeleine où les prêtres avaient accueilli leurs ouailles et priaient pour le salut de tous, la violence a fait loi.
"Il n'y a aucun survivant".

Hervé BERTEAUX

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vendredi 27 août

L'été, la saison des bains de mer

Num_riser0031L'été, la côte connaît une grande animation. C'est la saison des bains de mer. Les Montpelliérains, amateurs de music-hall et qui fréquentent en temps normal l'Eden-Concert ou l'Eldorado avec ses loges en béton armé, prennent le chemin de Palavas. Cette station démarre bien. Peu à peu, des villas se sont édifiées, coquettes ; le Casino Granier, au bord de la plage, offre une saison de plus en plus complète du 15 juin au 15 septembre : concerts de musique légère, concours de cliques ou fanfares, représentations d'opérettes animent les matinées et les soirées, d'autant que le "petit train" met la plage à vingt minutes de Montpellier.
Valras accueille pareillement les Bitterois. Car la soif des spectacles, de divertissements, de revues, est grande ; et l'on voit souvent les Bitterois mécontents de leur propre théâtre municipal insuffisamment subventionné aller au
Num_riser0032 Casino de Valras voir les attractions en famille, dans la belle salle au splendide plafond peint par le maître Couderc. Mais les Cettois ne sont pas en reste puisque le Kursaal accueille opéra, opéra comique, opérettes, à côté des salles de jeux.
Voici comment les journalistes du moment envisageaient les joies de la plage : "... les amateurs de musique se donnent tous rendez-vous sur la terrasse du Casino (celui de Palavas dans ce cas). Là en sirotant son bock ou en sirotant son absinthe, tandis qu'une légère brise vous caresse agréablement, vous passez de délicieux instants à écouter le concert musical donné sur le "kiosque". Pourtant à quels risques ne s'exposent-on pas ? Voyez plutôt : "... certains
Num_riser0035jeunes gens grossier pour ne pas dire plus qui se rendent sur la plage avec des appareils instantanés pour photographier les baigneuses. Toute personne délicate comprendra facilement l'inconvenance du procédé" !
Enfin un autre aspect du bain de mer est mis en évidence : celui des soins curatifs qu'il procure. Ainsi, Cette, à la fin du siècle, est reconnue officiellement comme station balnéaire. Un sanatorium maritime y est construit dans les premières années du XXème siècle. Quant au Lazaret protestant fondé en 1965 il accueille chaque année des centaines d'enfants.
Ainsi, le thermalisme sans être une activité nouvelle, est en plein essor à la fin du XIXème siècle : à Balaruc-les-Bains où l'eau de source sort à 46 degrés, mélange d'eau douce et d'eau salée provenant de l'étang de Thau, et à Avènes-les-Bains. Lamalou-les-Bains surtout acquiert une réputation enviée dans les soins contre lesNum_riser0039 rhumatismes et les maladies du système nerveux. Au début de notre siècle, une publicité assure que les trois établissements de Lamalou comprennent 12 piscines, des douches, des baignoires, qu'on y pratique les massages, les bains de pieds en courante chaude, que les installations hydrothérapiques sont parmi les plus complexes et les plus modernes. Tout y est prévu, même une étable où les vaches servent "à procurer aux baigneurs un lait d'une pureté incontestable" !
Le bon équipement hôtelier de la station y attire une riche clientèle, les jardins offrant le repos sous les riches frondaisons que recherchent les curistes.

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mercredi 25 août

La Pipette aux quatre vins

Partir à la découverte du vignoble, des vignerons et des vins.

Un blog très intéressant, des sujets bien traités, le tour de France y est ! A voir absolument !

Cliquez sur le lien ci-dessous et vous y serez :

http://pipette.canalblog.com

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mardi 10 août

Aux arènes de Béziers

Deux présentations d'une tragédie lyrique, Prométhée, de MM. Jean Lorrain et Ferdinand Hérold pour le poème de Gabriel Fauré pour la musique, ont été données cette semaine dans le cadre grandiose des arènes de Béziers, où l'on avait représenté l'an dernier Déjanire, de Saint-Saëns. La pluie avait déjà contrarié la répétition générale - comme le prouvent de nombreux parapluies ouverts, sur la photographie que nous reproduisons - elle a empêché la première d'avoir lieu dimanche. En revanche, lundi, le temps était splendide et 12 0000 spectateurs ont applaudi frénétiquement le poème et la partition, les acteurs et décor farouche de Jambon.

Article du 1er septembre 1900. (cliquer sur l'image pour la voir en plus grand)

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dimanche 25 juillet

Mondo Dino

hypacrosaureStars à l'ère secondaire, les "lézards terribles" se sont éteints il y a 65 millions d'années. Voici quelques endroits où l'on peut voir des dinosaures ou des animaux les ayant côtoyés.

1) Le musée de Cruzy contient des vestiges retrouvés depuis 30 ans dans la commune et ses alentours par l'association culturelle archéologique et paléontologique. Que peut-on y voir ? Des oeufs fossiles de dinosaures, des ossements... et un oiseau à dents ayant vécu en même temps que les dinos : l'Enantiornithes.
Plus d'infos :
www.acap.fr.ststegosaure

2) Empreintes à gogo à Mérifons, près du lac du Salagou, un hangar sous le lequel se trouve la dalle de la Lieude : 951 empreintes de pas - vieilles de 255 millions d'années - de reptiles "pré-mammaliens", les ancêtres des mammifères.

3) Le musée-parc des dinosaures de Mèze retrace l'histoire et la connaissance des dinosaures. En mars 1996, Alain Cabot, directeur du musée, découvre sur ce site un des plus grands gisements d'oeufs de dinosaures. Nouveautés 2010 : deux tricératops, un iguanodon, un stégosaure et un hypacrosaure.
Tout public. Ouvert tous les jours, de 10 h à 19 h.
Plus d'infos :
www.musée-par-dinosaures.com

4) Et avant les dinos..... y'avait quoi ?
Les roches lodévoises conservent depuis 540 millions d'années les traces des animaux et végétaux qui ont vécu dans ces divers paysages. Parmi les fossiles exposés, se côtoient les trilobites, ammonites, fougères et surtout plusieurs séries d'empreintes de reptiles plus anciens que les dinosaures !
Plus d'infos :
www.lodevoisetlarzac.fr/musee-de-lodeve/blog

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mercredi 16 juin

Frontignan - Fait historique - 1812

Num_riser0007En 1812, trois gardes-côtes français, poursuivis par une frégate anglaise d'une force dix fois supérieure, faisaient des efforts inouïs pour essayer d'échapper à l'ennemi.
C'était le Lion, le Robuste et le Borée. Les deux premiers, serrés de près, vinrent s'échouer sur la plage des Aresquiés ; le Borée, seul, put se réfugier à l'abri du canon de Cette. Nos braves marins sautent à l'eau et abandonnent leurs navires après les avoir incendiés. A la vue des flammes qui s'élèvent, la population des villages voisins s'entasse sur les hauteurs ; la frégate ennemie s'éloigne et attend, muette spectatrice, le dénouement prévu.
En effet, les ondes s'entr'ouvent, la terre tremble ; jusqu'à Cournon, à dix kilomètres, les vitres volent en éclats, et une gerbe de débris informes s'élève dans la nue, puis retombe dans l'écume bouillonnante des flots qu'elle a soulevés ; puis, plus rien... La marine française a deux navires en moins.
Alors la frégate s'approche de tous ces débris flottants pour s'assurer que le désastre est bien complet sans doute, mais aussi pour sonder le rivage, où la lunette du commandant a découvert un fortin inoffensif, datant de la construction du canal des Étangs, et qu'habite un vieux soldat, garde-canal, appelé Jeannot Besselin.
Jeannot, de la plate-forme de sa redoute, a suivi les péripéties de ce lugubre drame ; il voit la frégate serrer la terre et, s'arrêtant, jeter à l'eau sa plus forte chaloupe chargée de monde et qui force de rames pour aborder la plage. Le vieux soldat a deviné d'un coup d'oeil les intentions de l'ennemi ; il jette à la hâte dans sa barque les quelques hardes qu'il possède, et, traversant le canal, se porte sur la berge sud, dont l'épaulement lui sert d'abri ; là Jeannot allonge sa vieille carabine, et immobile, le doigt sur la détente, il attend...
Les Anglais ont abordé et s'élancent ; mais ils reculent de surprise : l'étang leur barre le chemin. Pendant qu'ils hésitent, une détonation se fait entendre ; un des leurs, renversé sur le dos, agit dans le vide ses bras agonisants. Un cri de vengeance s'élève, et tous courent à leur canot.
Jeannot rechargeait sa carabine, calme et souriant.
Le canot a franchi la plage, on le jette à l'étang ; et, montrant le poing à la berge, les habits rouges tirent quelques coups de feu dans sa direction. Mais Jeannot a visé de nouveau, et un rameur tombe roide mort sur ses avirons.
Le vieux soldat saute dans sa barque, travers le canal, passe sous le petit ponceau de l'étang d'Imgril et s'abrite derrière l'épaulement de la digue du Nord. Sa carabine est rechargée ; et, quand la chaloupe ennemie paraît dans le canal, sous l'arche élevée du pont du poste des Aresquiés, un grand cri part de la barque, où la balle de Jeannot vient de faire un nouveau vide.
Pour lui, rapide, il saute dans sa nacelle et gagne à force de rames la pointe du bois des Aresquiés.
Mais les Anglais, ayant abordé par la berge du nord, courent au lieu d'où est partie la dernière détonation et voient le fugitif, qui n'a point encore atteint le rivage opposé ; une grêle de balles frappe son canot et fait jaillir l'eau tout autour de lui. Jeannot, impassible sous cette pluie de projectiles, saute sain et sauf sur la pointe de terre et disparaît dans les chênes verts du rivage.
A l'abri, notre héros, silencieux, recharge pour la quatrième fois l'arme dont il vient de faire si vaillant usage contre les ennemis de la patrie.Num_riser0008
Mais son front, déjà sombre, s'assombrit encore. L'Anglais sort de sa barque un baril et le roule précipitamment vers la redoute. A la hâte que mettent ces gens à exécuter les ordres reçus, aux regards anxieux qu'ils jettent dans la direction de Frontignan où se sont réfugiés les équipages du Lion et du Robuste, on devine qu'ils craignent une surprise, et qu'il leur tarde de regagner leur bord.
Au bout de quelques instants tous sortent du fortin et rentrent dans la chaloupe, que le quartier-maître retient seul à la berge avec la pointe de son croc. A ce moment sort de la redoute un bas-officier, qui jette à ses pieds un bout de mèche allumée, et s'élance dans la chaloupe ; un nuage de fumée s'éleva soudain du dernier buisson de chênes verts de la pointe du bois, et le quartier-maître anglais recevait, expirant dans ses bras, l'officier, qu'une balle venait de traverser de part en part.
- Et de quatre ! exclama au loin une voix sonore.
Arriver à la plage, faire sauter la digue de sable à leur chaloupe, la remettre à flot à la mer et nager avec désespoir vers la frégate, fut pour les Anglais l'affaire de quelques instants, comme si le voisinage de la terre eût renfermé pour eux quelque terrible menace.
Ils allaient aborder le navire quand une sourde commotion fit rider la face des eaux et ployer les chênes verts sous son souffle véhément. Les murailles de la redoute, lancée à cent mètres en l'air, retombaient sous forme d'une pluie de pierre. Un homme jaillit soudain du rivage d'Aresquiés, agitant sa carabine et montrant le poing à l'Anglais. Du revers de sa rude main, il essuya une larme ; puis, montant dans sa barque, il hurla de toute la force de ses vigoureux poumons : Vive l'Empereur !
Son cri roula longtemps sonore sur les ondes apaisées, puis s'éteignit ; la solitude et le silence avaient seul répondu.
A quelques jours de là, une baraque proprette, bâtie des débris écroulés, s'appuyait au pan de muraille ouest de la redoute ruinée. Un vieux soldat fumait sur le seuil, jetant à la mer, que sillonnaient les voiles anglaises, un regard de mélancolique défi.
Fidèle à sa consigne, Jeannot Besselin, que vous avez reconnu, continua de vivre au milieu des ruines de la chère redoute jusqu'au jour la mort rendit visite au vieillard.
L'assistance de tous lui adoucissait les derniers jours d'une existence consacrée au pays, et le souvenir du peuple a donné son nom à la redoute en ruines et au canal qui en baigne le pied : redoute de Jeannot, canal de Jeannot.
Modeste nom d'un modeste héros, puisse ton souvenir éveiller encore dans nos âmes attiédies assez de patriotisme pour que tu sois conservé glorieux !

Ce fait historique est extrait de l'ouvrage de M. Achille MUNIER : Notes sur Frontignan, pour servir à son histoire. Cet ouvrage est illustré de plusieurs chromo-lithographie dessinées par l'auteur.

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lundi 31 mai

Lou païs d'aqui

Un blog à visiter et revisiter ! Photos et cartes postales anciennes du Languedoc Roussillon

Lou Pais d'Aqui, est un site totalement gratuit dont le but est de vous proposer la visualisation de photos et de cartes postales anciennes de la région du Languedoc Roussillon à travers les communes des départements de l'Aude, du Gard, de Hérault, de la Lozère, et des Pyrénées Orientales.

Depuis plus d’un siècle, ces cartes postales et ces photos sont une part importante de la mémoire de notre région et notamment de sa vie rurale, de ses petits métiers, de ses costumes, de ses traditions, de ses paysages, de son architecture, et des évènements historiques qu'ont connu nos ainés. Nous nous devons de les sauvegarder et de les rendre accessibles à tous gratuitement car elles font désormais partie intégrale de notre patrimoine.

Ne perdons rien du passé. Ce n’est qu’avec le passé qu’on fait l’avenir.
Anatole France

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