Num_riser0005Longtemps les villes ou les petites localités du département ont été privées de véritables halles. La raison en est des plus simples : l'étroitesse et la rareté de l'espace urbain laissaient peu de place à de vastes constructions. La modestie des échanges avec la campagne ne les rendait pas nécessaires. Souvent donc, une place, un coin de rue, font office de marché. Pourtant l'accroissement des villes, l'augmentation de la consommation urbaine, ajoutés au goût des municipalités pour le modèle parisien, font que les halles poussent. Dans la seconde moitié du XIXème siècle, Cette, Béziers, Montpellier, Mauguio même s'équipent de Halles neuves. Ces villes, ainsi que toute une série de bourgades de la basse plaine, deviennent des centres d'approvisionnement car elles sont le siège d'importantes garnisons. Quelques communes s'interrogent pourtant sur l'opportunité d'une telle dépense : ainsi Mèze où la discussion s'engage entre la municipalité tentée par une halle et une partie de la population qui refuse la dépense face à la "gravité de la cris" (viticole).
Enfin des marchés de gros se tiennent à un jour convenu de la semaine. Le produit concerné ne rentre pas en ville, il reste chez le propriétaire vendeur, les négociants prenant directement en charge la récolte chez l'exploitant après les transactions. Le marché le plus important est celui du vin qui se tient le mardi à Montpellier et à Lunel, le vendredi à Béziers à partir de treize heurs, le mercredi à Cette. A Bédarieux le lundi se tient celui des grains, des légumes, des fourrages et des fruits.

Article du livre : "L'Hérault d'Autrefois" de Mireille Lacave et Jean Sagnes édité en 1983