Cope-Gambes et Bras de Fer
Se promener au hasard des rues et des venelles du centre ancien de Montpellier (voir album photos à gauche) amène à découvrir quantité d'appellations pittoresques parmi lesquelles : Cope-Gambes et Bras de Fer.
Pour la première, plusieurs interprétations existent dont certaines assez morbides.
Le terme de cope-gambes évoque une rue en pente où l'on perd son souffle. Mais à la parcourir, le dénivelé est faible et la première observation que peut faire l'homo automobilus du XXI° siècle, c'est qu'elle est étroite : entendons par là que le dieu voiture ne peut y passer.
Une deuxième interprétation vient conforter la remarque quant à l'étroitesse et il se pourrait que ce fût la plus sérieuse : la rue aurait été rebaptisée afin de sonner plus convenablement à des civiles oreilles, les gambes remplaçant à posteriori la partie charnue de nos êtres, autre façon de signifier autrefois, un coupe-gorge.
La troisième serait due à la présence en partie haute de la rue, de l'amphithéâtre où les élèves chirurgiens assistaient aux dissections. Ces derniers dont on connaît parfois l'humour singulier dit de potache auraient eu la fâcheuse coutume de jeter par la fenêtre ce qui ne servait plus aux cours.
Les bras m'en tombent, dites-vous. Ce n'est pas fini.
La quatrième et dernière explication est bien pire : la rue aurait été appelée ainsi en raison du martyre d'une femme trop indiscrète dont on redoutait les révélations quant à des amours en haut lieu particulièrement inavouables. Elle fut retrouvée dans cette rue étroite dans un sac, dépecée de ses jambes et de ses bras !
Parlons de bras, la seconde rue, dite Bras de Fer, est réellement coupe jambes et elle a gardé son charme médiéval avec ses escaliers, sa rigole centrale et un très beau passage couvert. Pourquoi Bras de Fer ? Il suffit de lever les yeux au mitan de la rue pour apercevoir soudainement une lanterne, ancienne enseigne en forme de bras. Cette dernière est cependant assez récente et illustrerait l'occupation jadis de la rue par des artisans armuriers.
Hervé BERTEAUX