L'oppidum d'Ensérune

L'occupation de ce site fortifié remonte au VIe siècle avant J.-C. Les influences grecques et étrusques sont attestées dès le Ve siècle avant J.-C. puisque l'on y retrouve des céramiques importées d'Attique et de Campanie. La ville s'étendait au sommet de l'oppidum avec un plan en damier et des remparts périphériques qui la protégeaient des envahisseurs. A partir de 230 avant J.-C., la ville s'agrandit et l'influence romaine devient prépondérante. Des vestiges archéologiques sont conservés aussi bien sur le site même, comme les silos, les citernes, les fondations des maisons, que dans le musée d'Enséurne où sont exposés les objets découverts au cours des campagnes des fouilles entreprises depuis 1915. L'oppidum domine l'étang de Montady, asséché en parcelles rayonnantes depuis 1247. En effet, la conquête de terres nouvelles, par défrichement ou assèchement des zones humides, reste une des grandes entreprises économiques du XIII° siècle. L'assèchement de l'étang de Montady fut l'objet d'un véritable contrat entre Pierre Bedocii, viguier de Dom Guillaume, l'archevêque de Narbonne, et quatre comparsonniers de la région, Guillaume Raymundii, seigneur de castrum de Colombiers, Ermengaud de Podio, Bérenger d'Alzona et Bernard Escoti. Une comparsonnerie était un communauté liée par contrat pour constituer une cellule d'exploitation rurale notamment dans le but de conquérir de nouveaux terroirs agricoles. Cette structure sociale assurait une gestion plus économique et une plus grande capacité d'entreprise. Le contrat portait sur "le libre passage des eaux à travers le territoire... appartenant à l'archevêque, avec le droit de faire des galeries, des canaux... où ce sera nécessaire pour l'assèchement du dit étang...". En 1679, pour creuser son Canal, Riquet choisit de traverser de part en part la colline de tuf sablonneux d'Ensérune à Malpas et de ne pas rompre la géométrie du grand chantier des comparsonniers de Montady.