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Département Hérault
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12 février 2007

Montpellier - 1896

Cette ville qui, après Toulouse, est la plus considérable du Languedoc, est construite en amphithéâtre sur une colline au pied de laquelle coule le Lez et s'étend de l'est à l'ouest, parallèlement à la mer dont elle est éloignée de 8 kilomètres. L'inclinaison des terrains, favorable à son climat, nuit à l'élégance et à la régularité des habitations et fait que les rues y sont montueuses, difficiles. Quand on examine, géographiquement, l'emplacement qu'elle occupe sur la route historique du littoral entre les étangs et les Cévennes, il est facile de se convaincre qu'elle était désignée pour être une active station entre la Garonne et le Rhône.
Il n'est guère possible d'établir son origine d'après des documents. A l'époque gallo-romaine la ville se trouvait sur la rive gauche du Lez, sous la dénomination de Sextantio, endroit où s'élève actuellement Castelnau, encore très pourvu de débris antiques. Détruite par Charles Martel, la cité se rebâtit sur la rive droite, sur le Mons Pessulanus ou "montagne close", étymologie sur laquelle les historiens sont divisés. Selon les uns, l'espace où elle se trouve fut d'abord un lieu de pâturage entouré d'une palissade, d'autres pensent qu'un couvent de jeunes filles y existait. Quoiqu'il en soit, elle paraît avoir été formée de deux villages, Montpellier et Montpelliéret, qui appartenaient au territoire de Maguelonne et furent donnés à un gentilhomme du nom de Gui qui agrandit ainsi ses domaines. Ses descendants possédèrent cette seigneurie jusqu'au mariage de la fille du dernier membre de cette famille (1204) qui la porta en dot au roi d'Aragon. Elle reçut alors une charte et on y installe une école de médecine qui attira de nombreux étudiants et fut, plus tard, l'émule de Salerne et la rivale de Paris. Les noms d'Arnauld de Villeneuve, de Nostradamus, de l'immortel Rabelais se rattachent au souvenir de son enseignement qui se distingua par un mouvement d'idées lui appartenant en propre.
Pierre II ayant violé les privilèges de la ville en fut expulsé par les habitants et n'y entra qu'après l'intervention du légat de Castelnau. Son fils lui succéda sur le trône d'Aragon et le comté de Montpellier auxquel il ajouta bientôt le royaume de Majorque conquis sur les Sarrasins. Il eut deux enfants et dans le partage qu'il leur fit de ses états le cadet hérita de la cité languedocienne que gardèrent ses descendants jusqu'au moment où Philippe de Valois l'acheta, moyennant 120.000 écus d'or, à l'un d'eux qui avait un pressant besoin d'argent (1349).
Au XIIe siècle, son mouvement commercial prit une grande expansion et elle eut des relations suivies avec Nice, Gênes, Pise.
En 1365, Charles V la céda à Charles le Mauvais, roi de Navarre, en échange de quelques villes conquises par celui-ci en Normandie et elle rentra enfin sous la domination française à la fin du règne de Charles VI.
Les rois usèrent souvent en sa faveur de privilèges particuliers. Philippe le Bel lui avait accordé de ne contribuer que libéralement aux frais de la guerre et Louis XI l'exempta du droit de fief et d'amortissement. En 1431, les étrangers qui vinrent s'y établir étaient déchargés de contribution. Au XVIe siècle, elle possédait une cour des aides, une chambre des comptes, un hôtel des monnaies et son université était la plus en vogue du pays. Les protestants s'en emparèrent en 1567 et la cité se constitua en une sorte de république et vécut ainsi jusqu'en 1622, année où Louis XIII y entra après un siège meurtrier. L'édit qu'il y signa reconnut le libre exercice du culte réformé, mais enleva aux calvinistes tout droit de s'assembler autrement que dans un but religieux.
Depuis lors, aucun évènement n'a marqué dans son histoire.
La cité industrielle présente le spectacle d'un centre d'édification récente en pleine activité et son développement a pu s'accomplir d'une manière normale puisqu'elle n'est plus gênée par aucune enceinte. On est frappé de la division parfaite de ses nouveaux quartiers, fractionnés en îlots un peu à la manière de certaines villes américaines.Num_riser0033
Montpellier est très saine à cause de sa situation inclinée qui ne permet pas aux eaux de séjourner et de croupir. Le ciel y est pur comme en quelque contrée d'Italie et une atmosphère très douce, tout imprégnée d'agréables senteurs, y règne. Toutefois des variations brusques se font parfois sentir ce qui n'empêche pas ses hivers d'y être souvent de véritables printemps, et cette température a une bienfaisante influence sur la santé de la population, puisqu'on a fait cette remarque qu'elle est une des grandes agglomérations méridionales les plus favorisées au point de vue longévité.
Si aucun de ses monuments ne s'impose à l'admiration des foules, beaucoup valent néanmoins qu'on s'y arrête. Nous citerons la cathédrale, en bel ogival, la tour des Pins, à laquelle une légende attache l'origine de la ville, la tour de l'Observatoire où se firent, en France les premières recherches astronomiques, l'école de médecine, dans l'ancien évêché, le palais de justice, avec une agréable façade et un péristyle corinthien, les restes de la fontaine de Jacques Coeur, le théâtre, les halles, construites sur le modèle de celles de Paris.
Le musée est un des premiers de province et reçoit souvent la visite d'amateurs et d'artistes. L'école italiennt, avec Raphaël, Reni, Carrache, del Sarto, le Dominiquin, Dolci, les écoles flamande et hollandaise, avec Rubens, Teniers, Ruysdaël, Van Dyck, Coypel, Terburg, l'espagnole, avec Ribera, Zurbaran, y sont admirablement représentées.
Num_riser0034La plus jolie place de Montpellier est celle du Peyrou, promenade magnifique dessinant un rectangle coupé aux angles et décorée, vers son milieu, de la statue de Louis XIV. Elle comprend plusieurs terrasses et de la plate-forme la plus élevée, où se trouve un château d'eau, on embrasse une vue splendide, non seulement sur les campagnes environnantes, mais vers la Méditerranée, les Cévennes et les Pyrénées qui, dans les lointains, profilent leur silhouette grise.
Un arc de triomphe qui la sépare de la ville, date de 1715 et est d'ordre dorique.
La place de la Croix-de-Fer offre un tableau original avec son entourage de maisons basses et son grouillement de rouliers, de saltimbanques, de flâneurs qui constituent une disparate imprévue d'expression très populaire. La place de la Comédie est, au contraire, la plus élégante, et l'un des points les plus animés par les grandes artères qui y aboutissent.
L'Esplanade forme une promenade plantée de trois allées de platanes, ornée de vastes bassins, très fréquentée dans les beaux jours.
Le jardin des Plantes, un peu délaissé aujourd'hui, passe pour le plus ancien de l'Europe et a permis, grâce à ses ressources, à Tournefort et à Jussieu d'y créer leurs systèmes.
Cette cité est abondamment pourvue d'eau par un aqueduc qui, des sources du Lez, à 14 kilomètres, amène ce que réclame l'alimentation.
Mais ce qui lui manque pour atteindre une valeur commerciale de premier ordre, c'est un port de mer. Elle fait un important trafic des vins de l'Hérault et ses eaux-de-vie sont très réputée sur le marché français.
La vente des laines y est très considérable et la fabrication des couvertures fort ancienne puisque, dès le XIVe siècle, des ouvriers spéciaux y furent appelés. Cette industrie n'a fait que grandir. On y trouve aussi des manufactures de coton, de flanelles, des usines pour la préparation deu vert-de-gris employé dans la teinture, des tanneries, des savonneries. Peu de campagnes sont aussi fertiles en herbes odoriférantes que ses environs, ce qui lui permet le commerce des plantes aromatiques, sur une assez grande échelle.
Les peintres Bourdon, Vien et Fabre, fondateur du musée, le consul Cambacérès, Cambon, le créateur du grand-livre de la dette publique, Lafosse, le savant médecin ami de Voltaire, le chancelier Nogaret, le poète Boucher y sont nés.

Population en 1896 : 73.931 habitants

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