mercredi 23 janvier
La littérature en 1907
La révolte des vignerons, à l'instar de la Commune de Paris, a inspiré bon nombre de poètes et chansonniers de l'époque : Bruant, Montehus, le marquis de Baroncelli-Javon et d'autres plumitifs plus anonymes. Comme totue oeuvre de circonstance, le pompièrisme n'est pas exclu de ces vers mirlitonesques où la sincérité de l'inspiration est évidente et l'enthousiasme unamime :
Les gueux de la vigne (A. Bruant)
... Le Midi bouge,
marchons vers l'horizon rouge,
guerre au sabotage du vin...
En avant gueux de la vigne au vin
En avant gueux de la vigne...
Hommage à Marcelin Albert (sur l'air du chant du départ)
La victoire viendra
Pour la viticulture
Grâce à toi Marcelin Albert.
Hélas, depuis six ans
La misère est dure.
A ces maux
Ton coeur grand s'est ouvert.
Prenant pitié de nos souffrances,
Tu te dresses comme un géant... etc.
Gloire au 17e (Montehus)
Refrain :
Salut, salut à vous,
Braves soldats du dix-septième.
Salut, braves pioupious,
Chacun vous admire et vous aime.
Salut, salut à vous.
A votre geste magnifique,
Vous auriez, en tirant sur nous,
Assassiné la République...
A Marcelin Albert (marquis de Baroncelli-Javon)
...Sièsis cènts ans desmasclage,
d'esclavage,
Paure pople dou Miejour,
t'an bouta monte siès aro
'mé ta caro
signaodo di set doulour...
Six cents ans d'émasculation,
d'esclavage,
pauvre peuple du Midi
t'ont rendu tel que tu te trouves
avec ta face
où se lisent les sept douleurs...
lundi 21 janvier
L'Esplanade
A l'origine, l'Esplanade était un terrain militaire qui servait pour les manoeuvres des soldats basés dans la citadelle (lycée Joffre). Une colonne de la Liberté y fut érigée de 1791 à 1818. Ce champ de Mars fut vendu par l'armée à la Ville et transformé en esplanade en 1900. On y aménagea des bassins, de nombreuses statues et un monument aux morts qui, à l'origine, était situé près de l'actuel Corum. Elle reste le lieu préféré des Montpelliérains pour se promener.
Comme la présence de l'eau était une chose agréable et que Montpellier devait perdre dans la disparition de ce bassin octogonal ! Il ornait l'allée centrale de ce que l'on appelait le "bas" de l'Esplanade.
L'Esplanade avait un haut et un bas. Avant qu'elle fut un Parking, on la montait, on la descendait, c'était une sorte de "Rambla".
Dans la première allée, contre le "boulevard de l'Esplanade" (devenu Sarrail), les midinettes, les étudiants, les jeunes gens allaient et venaient aux heures de loisir. On y faisait l'oeil de province. L'allée au milieu était moins personnalisée. La troisième était fréquentée par les mamans, les bonnes d'enfants et les vieilles gens. Deux fois par an à Pâques et à Toussaint, le tout était recouvert pendant un mois par la fête foraine.
dimanche 16 décembre
Montblanc - Contagion de 1628
Mesures prises pendant la contagion de 1628 et années suivantes pour la conservation de la santé publique.
Le 1er juin 1628 les consuls passent un contrat avec maître François Causeban, chirurgien, dont nous extrayons le passage suivant :
Maître Causeban verra tous les malades du lieu et les assistera de tous les remèdes qui leur seront nécessaires aux prix suivants :
Chaque saignée, un sou ; pour les ventouses qui ne se comptent pas, quatre sous ; pour chaque clystère, un sou ; s'il y met des remèdes extraordinaires ils lui seront payés.
Pour les autres médicaments employés, lui seront payés par ceux auxquels ils seront employés ; s'ils ne sont pas d'accord sur la taxe, se retireront à la justice du lieu, qui en fera la taxe aux parties,
Au cas qu'il viendrait au dit lieu des malades de l'Espital, le dit Causeban sera tenu de servir des ventouses, saignées, etc, sans rien payer, et s'il fournit des remèdes lui seront payés par le procureur de l'hôpital.
En cas de maladie contagieuse, sera tenu de se tenir dans Montblanc, pour le service des habitants, sans augmentation, etc.
Sur les bruits de contagion qui circulent dans le pays, le conseil général décide le 19 octobre 1628, que les habitants passeront deux par deux à chaque porte de la localité ; ceux qui manqueront seront amendés pertinant (de suite) et l'amende sera de trois livres payée pertinant, qui sera employée aux pauvres du lieu.
Il est en outre fait choix de six personnes pour juger et décider toutes affaires pour la conservation de la santé publique, et faire payer toutes amendes données et ordonnées contre les habitants qui seront de porte, quand le tour viendra, et qui manqueront.
Le 29 juin 1629, un contrat est passé avec François-André, maître-chirurgien de Saint-Thibéry qui, outre les conditions énoncées ci-dessus, reçoit annuellement 33 livres.
Le 20 septembre suivant, les habitants du lieu, qui travaillaient à la métairie de Saint-Jean-de-Libron, sont mis en quarantaine jusqu'à la visite du chirurgien, attendu que les consuls ayant été avertis que le sieur de Bordas, propriétaire de ladite métairie, avait fait apporter des meubles de Béziers, où était la maladie contagieuse.
Sur le rapport et avis du chirurgien, les consuls décident et ordonnent : "que les personnes visitées quitteront leurs habits, les apporteront et les mettront dans la rivière pour y demeurer 24 heures ; après ce temps là, les y laveront avec de l'eau bonne et les feront, une fois secs, parfumer avec du cadé (genévrier).
Le 24 septembre, un nouveau contrat est passé avec Claude Maraval, maître-chirurgien, de Marseilhan ; il lui était payé cent livres par moitié et d'avance, et en cas de maladie contagieuse cent livres pertinant ; somme qui fut portée à celle de 180 livres.
Les saignées furent élevées d'un sou au chiffre de huit sous, ainsi que les autres opérations, et pendant l'épidémie à dix sous.
Pour faire face à toutes ces dépenses, le conseil politique délégué un député près la cour des aides de Montpellier qui se trouvait à Montagnac, afin de demander l'autorisation d'emprunter 320 livres 5 sols, pour payer le chirurgien et les hommes de garde à la porte, pendant la maladie contagieuse.
Un conseil de santé avait été formé au commencement de l'épidémie, suivant les prescriptions de l'arrêt du parlement de Toulouse, du 7 août 1720, il était composé ;
Du bailli, du procureur juridictionnel, du premier consul, du curé, de trois habitants : les sieurs de Vauclauzac, Antoine de Roys et Jean Nouthou.
Ce conseil veillait à la fermeture des portes à 8 heures du soir et à l'ouverture au jour seulement.
Il faisait la visite des maisons pour savoir s'il y avait des malades ou des veneurs des lieux suspects, et cela trois fois par semaine. Il allait également chez les marchands pour voir si les denrées vendues étaient de bon aloi.
Un jugement rendu par les membres du conseil de santé porte : "Que Carrion, boucher, ayant égorgé une bête mal saine, est mis à l'amende de 20 livres et la bête jetées hors les murs pour être dévorée par les chiens."
vendredi 07 décembre
Montpellier - La gare
Comparée à ses voisines, c'était une gare très modeste. Elle n'a d'ailleurs que peu changé. Sa colonnade nous rappelle que près d'ici s'élevaient les temples et les comptoirs des plus anciens peuples de Méditerranée. Le 9 juin 1839, une locomotive baptisée "La Cettoise" reliait Montpellier au port voisin : c'était une des toutes premières voies ferrées de France.
mercredi 05 décembre
Ostréiculture et mytiliculture
Le goût pour la bonne chère a, depuis la plus haute Antiquité, poussé d'abord les Grecs, puis les Romains et les Gallo-Romains sur les rivages de l'étang de Thau, à la recherche de ces coquillages aux saveurs iodées, les moules et les huîtres. Depuis, les techniques de leur élevage en milieu marin ont évolué et leur production a assuré la renommée de Bouzigues. L'ostréiculteur nous offre ses huîtres dans l'abri (provisoire) de leur coquille tandis que le mytiliculteur élève ses moules agglutinées en grappes luisantes. L'huître plate, vivipare, libère plusieurs centaines de milliers de larve qui partent immédiatement à la recherche d'un support. L'huître creuse, ovipare, pond plusieurs millions d'oeufs qui seront fécondés au gré des courants. Pour les deux groupes, quelques dizaines d'individus, seulement, entameront leur croissance. Les naissains d'huîtres plates et creuses, sont retenus prisonniers avec du ciment, sur des cordes immergées où ils vont engraisser. En deux ou trois ans, les coquillages atteignent la taille à laquelle ils sont commercialisés. Les moules sont, elles aussi, élevées en pleine eau, sur des cordes reliées par des noeuds et formant des poches dans lesquelles le naissain est introduit. En filtrant plusieurs litres d'eau par jour, la moule engraisse pour devenir cette boule de chair savoureuse recroquevillée dans sa coquille béante.
lundi 03 décembre
Fontcaude, Quarante et Capestang
L'abbaye de Fontcaude
Une fontaine chaude, la fontcaude, a donné son nom à l'abbaye de Fontcaude, dont les origines remontent à une donation de 1154. Mise en valeur par les moines prémontrés, l'abbaye acquiert aisance et prestige. Comment s'étonner alors, que, pendant la guerre de Cent Ans, les compagnies de routiers la pillent régulièrement. Les moines quittent l'abbaye et la communauté religieuse s'affaiblit. Les guerres de Religion assènent le coup de grâce à l'abbaye qui ne se relèvera jamais du terrible incendie de 1567. Seuls vestiges, quelques pans de murs; le chevet et le transept ont traversés les épreuves. Bâtie dès la première époque romane - elle fut consacrée en 982 par Ermengaud, archevêque de Narbonne -, l'église Sainte-Marie de Quarante présente le plan classique des édifices chrétiens, avec la croisée perpendiculaire de la nef et du transept. Des sarcophages du début de l'ère chrétienne sont exposés dans le narthex..
Deux tables d'autel, romanes, en marbre clair, ont été réutilisées. Dans le trésor, le buste reliquaire de saint Jean Baptiste, en argent et vermeil, du XVe siècle, est une oeuvre du sculpteur Jacques Maurel, orfèvre de Montpellier. A proximité, une éolienne Bollée, construite en 1898, sur les plans de l'inventeur Manceau, capte tous les vents.
C'est la présence d'un ancien étang qui a donné son nom à la ville de Capestang. Sa collégiale Saint-Etienne, de style gothique, est flanquée d'un imposant clocher où vient se loger une tourelle d'escalier octogonale.
Capestang, la collégiale Saint-Etienne
mardi 27 novembre
1934 : Sète réalise le premier doublé du football français
En ce deuxième dimanche de mai 1934, au stade de Colombes, 40 000 spectateurs assistent à la grande fête du football français : la finale de la Coupe de France. Elle met aux prise, deux grandes vedettes du moment : Marseille, qui a déjà remporté trois fois l'épreuve (1924, 1926 et 1927) et son rival et voisin, Sète, qui inscrit son nom au palmarès, en 1930.
La grande attraction de cette finale c'est la présence, dans les buts de chaque équipe, des deux meilleurs gardiens français de l'époque : Di Lorto, à Marseille, et Llense, à Sète. Une rivalité qui mettra les deux hommes dos à dos puisqu'ils connurent tous les deux le même nombre de sélections en équipe de France : onze. Ce nombre peut paraître faible (Aubour en compte 20, Remetter, 26, Thépot, 31) mais à cette époque les rencontres internationales étaient beaucoup moins nombreuses qu'aujourd'hui, la Coupe d'Europe des Nations, par exemple, n'existait pas et la Coupe du Monde comportait moins d'engagés, donc moins de rencontres préliminaires.
Ce fut là une finale âprement disputée, Sète, l'emportant finalement par 2 buts à 1, deux buts de l'avant-centre Lukacs, contre un but de l'ailier Zermani.
Mais en gagnant la Coupe de France pour la seconde fois, Sète entrait du même coup dans la légende : il était le premier club à réussir le "doublé" Coupe-Championnat. En effet, les Sétois (les Dauphins comme on les appelait aussi) venaient de remporter le championnat avec un petit point d'avance sur Fives... et sur Marseille, et deux points d'avance sur Lille, le premier à être devenu, l'année précédente, champion de France professionnel.
Pour mettre fin à des pratiques malsaines, recouvertes par le vocable d'"amateurisme marron", la Fédération avait autorisé le professionnalisme et le premier championnat s'était déroulé au cours de la saison 1932-1933. Vingt clubs étaient répartis dans deux groupes de dix. Une finale opposa les deux premiers de chaque groupe. Lille termina en tête du groupe A, devant Marseille, le R.C. Paris et Sète, tandis qu'Antibes prenait la première place du groupe B, devant Cannes, Sochaux et Montpellier. Mais Antibes ayant été déclassé, la finale opposa Lille à Cannes, les Nordistes l'emportant par 4 à 3 après prolongation. Lille était don le premier champion de France professionnel.
dimanche 25 novembre
La mythologie du vent
De salicorne en châtaigne, de seigle en olive, de vigne en blé, les étendues languedociennes sont battues par les vents au nom changeant et aux forces variables. Assurant la transition entre Méditerranée et terroirs, le marin imprègne les collines.
Le vent étant le mouvement de l'un des cinq éléments, nombreux sont les dieux de par le monde qui règnent sur lui. Le légendaire languedocien est gorgé de turbulences aériennes : le cers, la tramontane, le vent d'autan impriment à l'âme occitane ses étonnants mouvements. Du vent et des dieux à revendre sur les rives de mare nostrum ! C'est Eole en Grèce, berceau des vents. C'est Aquilon, soufflant depuis le Nord, rapide comme l'aigle mais froid et violent. Zeus Urios est celui qui envoie les vents favorables.
Poséidon avait confié le pouvoir sur les vents à son fils Eole (grec : Aiolos), dont le nom signifie "qui se meut sans cesse". Eole passa son enfance mouvementée en Italie du Sud, à Métaponte. Les anciens situaient la demeure des vents et donc aussi d'Eole sur l'île Lipari.
Les terres hellénique sont battues par l'Auster, le Notos, du sud, le Borée, le Cecias, du Nord-est, l'Euros, du sud-est, le Lips, du sud-ouest, le Sciron, du Nord-Ouest et le Zéphyr, de l'Ouest, ce vent doux et agréable, devenu brise légère presque doucereuse dans la parole de maints poètes.
En Inde, c'est le dieu Vanyu, dont le nom sanscrit nous rappelle l'origine indo-européenne de notre mot vent, que ce soit dans sa forme germanique wind ou latine vento. Le Mahabharata nous conte l'existence de Bhima, l'impétueuse fille du vent. Dans le Shivaïsme, le vent est l'un des cinq éléments avec la terre, l'eau, le feu et l'espace.
Dans la mythologie slave, le vent est l'apanage de Mokos.
Ehecatl, dieu du vent aztèque aiment les temples circulaires parce qu'ils n'offrent aucune résistance au vent. Quetzalcoatl, le serpent-oiseau, régnait pendant les jours appelés ehécatl (vent)
Jean-Pierre JUGE
jeudi 15 novembre
Serre Amazonienne Montpellier
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dimanche 04 novembre
La mule de Bouzigues
1799 - Abolition des privilèges.
1791 - Vente des bien nationaux
A Bouzigues, il y avait deux seigneurs. On les arrêta et les jeta en prison. Mais ils n'avaient jamais mérité une quelconque brimade, tant ils étaient justes et serviables. La population fit tout pour les délivrer, et elle y parvint. Néanmoins leurs biens furent vendus en part égales. A la fin il resta une mule. On ne la partagea pas en deux. Comme on avait besoin de bêtes de somme pour la guerre, elle dut suivre les fédérés et se rendre sur le front. Hélas ! elle ne vit pas la fin des hostilités, ni les triomphes de l'an II. Ce fut la seule victime de Bouzigues pendant la Révolution.




















































