Département Hérault

Le département de l'Hérault en photos, histoire, anecdotes, légendes, cuisine, mes promenades

dimanche 16 décembre

Montblanc - Contagion de 1628

Mesures prises pendant la contagion de 1628 et années suivantes pour la conservation de la santé publique.

Le 1er juin 1628 les consuls passent un contrat avec maître François Causeban, chirurgien, dont nous extrayons le passage suivant :
Maître Causeban verra tous les malades du lieu et les assistera de tous les remèdes qui leur seront nécessaires aux prix suivants :
Chaque saignée, un sou ; pour les ventouses qui ne se comptent pas, quatre sous ; pour chaque clystère, un sou ; s'il y met des remèdes extraordinaires ils lui seront payés.
Pour les autres médicaments employés, lui seront payés par ceux auxquels ils seront employés ; s'ils ne sont pas d'accord sur la taxe, se retireront à la justice du lieu, qui en fera la taxe aux parties,
Au cas qu'il viendrait au dit lieu des malades de l'Espital, le dit Causeban sera tenu de servir des ventouses, saignées, etc, sans rien payer, et s'il fournit des remèdes lui seront payés par le procureur de l'hôpital.
En cas de maladie contagieuse, sera tenu de se tenir dans Montblanc, pour le service des habitants, sans augmentation, etc.
Sur les bruits de contagion qui circulent dans le pays, le conseil général décide le 19 octobre 1628, que les habitants passeront deux par deux à chaque porte de la localité ; ceux qui manqueront seront amendés pertinant (de suite) et l'amende sera de trois livres payée pertinant, qui sera employée aux pauvres du lieu.
Il est en outre fait choix de six personnes pour juger et décider toutes affaires pour la conservation de la santé publique, et faire payer toutes amendes données et ordonnées contre les habitants qui seront de porte, quand le tour viendra, et qui manqueront.
Le 29 juin 1629, un contrat est passé avec François-André, maître-chirurgien de Saint-Thibéry qui, outre les conditions énoncées ci-dessus, reçoit annuellement 33 livres.
Le 20 septembre suivant, les habitants du lieu, qui travaillaient à la métairie de Saint-Jean-de-Libron, sont mis en quarantaine jusqu'à la visite du chirurgien, attendu que les consuls ayant été avertis que le sieur de Bordas, propriétaire de ladite métairie, avait fait apporter des meubles de Béziers, où était la maladie contagieuse.
Sur le rapport et avis du chirurgien, les consuls décident et ordonnent : "que les personnes visitées quitteront leurs habits, les apporteront et les mettront dans la rivière pour y demeurer 24 heures ; après ce temps là, les y laveront avec de l'eau bonne et les feront, une fois secs, parfumer avec du cadé (genévrier).
Le 24 septembre, un nouveau contrat est passé avec Claude Maraval, maître-chirurgien, de Marseilhan ; il lui était payé cent livres par moitié et d'avance, et en cas de maladie contagieuse cent livres pertinant ; somme qui fut portée à celle de 180 livres.
Les saignées furent élevées d'un sou au chiffre de huit sous, ainsi que les autres opérations, et pendant l'épidémie à dix sous.
Pour faire face à toutes ces dépenses, le conseil politique délégué un député près la cour des aides de Montpellier qui se trouvait à Montagnac, afin de demander l'autorisation d'emprunter 320 livres 5 sols, pour payer le chirurgien et les hommes de garde à la porte, pendant la maladie contagieuse.
Un conseil de santé avait été formé au commencement de l'épidémie, suivant les prescriptions de l'arrêt du parlement de Toulouse, du 7 août 1720, il était composé ;
Du bailli, du procureur juridictionnel, du premier consul, du curé, de trois habitants : les sieurs de Vauclauzac, Antoine de Roys et Jean Nouthou.
Ce conseil veillait à la fermeture des portes à 8 heures du soir et à l'ouverture au jour seulement.
Il faisait la visite des maisons pour savoir s'il y avait des malades ou des veneurs des lieux suspects, et cela trois fois par semaine. Il allait également chez les marchands pour voir si les denrées vendues étaient de bon aloi.
Un jugement rendu par les membres du conseil de santé porte : "Que Carrion, boucher, ayant égorgé une bête mal saine, est mis à l'amende de 20 livres et la bête jetées hors les murs pour être dévorée par les chiens."

Posté par choupanenette à 15:41 - L'Hérault Historique 1876 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 05 octobre

Vailhan

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Vailhan est situé au nord et à 5 kilomètres de Roujan sur la limite de l'arrondissement de Lodève. L'on arrive dans ce village par la vallée de la Peyne ; on quitte cette rivière pour franchir la hauteur qui sépare du Grand Glauzy. Arrivé au sommet l'oeil embrasse l'ensemble des hameaux qui forment la commune.
Sur la droite s'élève un rocher calcaire presque à pic, couronné par les ruines de l'ancien château dit Lou Castela, au pied duquel s'étendent les hameaux placés jadis sous la dépendance du seigneur féodal.
L'on a en face de soi ceux de Cabanon et Vallet sur une hauteur, et au-dessous Saudadié et Fabié sur la route de Roujan ; à gauche ceux de l'église de Trignan et de Bouscarel.
Ces hameaux sont au nombre de sept. D'après les origines légendaires du pays, un seigneur de Vailhan, de retour d'une croisade en Palestine, n'ayant ramené avec lui que sept de ses hommes d'armes, leur distribua de terres de ses domaines, d'où le sept Vaillants.
Ce lieu est mentionné dans plusieurs bulles du XIIe siècle : en 1778, Castrum de Vallano dans celle d'Alexandre III en faveur de l'église de Béziers, et en 1182 dans celle d'Honorius III ; il est encore question de Vailhan dans le livre noir de St Nazaire en 1174, Castrum de calenis de Vallano. Dans le cartulaire de l'abbaye de St-Guilhem-le-Désert le mas de Bouscarel est aussi mentionné : en 1060, Burcharius mansus ; en 1115 et mas Burlarent et en 1148 dans celui d'Aniane
Boscairolas.
La seigneurie de Vailhan appartenait aux évêques de Béziers depuis le XIIe siècle, qui la conservèrent jusqu'à la fin du XVIIe époque à laquelle le cardinal Pierre de Bonsi, évêque de Béziers, en fit présent à sa soeur dame Marie de Bonsi, marquise de Caylus.
Ce fief passe en 1723 entre les mains de M. Antoine Aphrodise de Castres, seigneur de Neffiès, qui le revend sans doute, car nous le retrouvons, en 1778, entre les mains de Mme Marthe Monique Adelaïde de Rouzières de Souvignardes, veuve de messire Joseph Guillaume Paschal de St-Guéry, sous le titre de vicomtesse et seigeneuresse de Vailhan.
Son fils Gabriel-Jean-Guillaume, seigneur de Cazilhac (près de Pouzolles), marquis de St-Juéry, capitaine de régiment de Mestre de Camp-Cavalerie fut le dernier seigneur de Vailhan.
Il n'y avait pas à Vailhan d'habitation seigneuriale depuis l'abandon du Castela (grand château) qui remonte au moins au XIIIe siècle.
Il ne reste de cet ancien manoir que quelques pans de murs et une citerne. L'on y arrive d'un côté par une pente douce ; mais le versant qui domine Vailhan est presque à pic et donne une idée de ce qu'étaient les habitations des seigneurs du moyen-âge.
Le terrain de Vailhan est connu en géologie comme un des plus riches du département de l'Hérault.
Un seul chemin carrossable, le chemin vicinal de Roujan à Vailhan, dessert cette localité depuis plusieurs années ; les transports se faisant à dos de mulet avant l'amélioration de cette voie qui la met en communication avec la ligne de Paulhan par la gare de Roujan-Neffiès. Les  chemins le reliant aux autres lieux sont tracés sur les flancs des montagnes qui ont près de 500 m. au-dessus du niveau de la mer.

La vue de Vailhan, ci-dessus, est prise au Nord. Sur le premier plan on aperçoit l'Eglise et le presbytère, distants de 500 mètres du village ; dans le lointain les ruines du château et sur la gauche le mont St-Vincent.

Posté par choupanenette à 20:35 - L'Hérault Historique 1876 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 27 août

Chateau de Cassan

Num_riser0015La position topographique du château de Cassan est des plus pittoresque. Bâti sur l'ancienne route de la montagne, (d'Agde à Castres) entre Roujan et Gabian, au sommet d'un vallon produit par l'écartement du piton volcanique de Ste Marthe et la butte basaltique de St Hilaire, il était occupé, avant la révolution, par les chanoines réguliers de Ste Geneviève de Paris, et c'est le dernier prieur commanditaire, l'abbé Patz, qui le fit construire en 1754.
L'architecture de cet édifice plus appropriée à une demeure princière qu'à un cloître, rappelle par son aspect les grandes et belles façades du XVIII° siècle.
L'ordonnance en est très bien comprise, les deux avant-corps qui font pressentir leur prolongement sur la façade postérieure, attirent les regards sur le motif du milieu, surmonté d'un couronnement à la balustrade avec vases à flammes.
Le rez de chaussée comprenait de vastes appartements, richement meublés, et sur les ailes les dépendances, cuisines, gardes-manger, fours, boulangerie, écuries ; enfin tous les accessoires indispensables à un prieuré dont les revenus étaient si considérable.
Le premier étage était réservé aux Pères et aux étrangers de distinction.
Le deuxième étage comprenait la lingerie, le vestiaire, le logement de l'économe, les greniers à provision et enfin la bibliothèque pouvant renfermer plus de 10 000 volumes.
Sur l'aile droite, il existe encore une tour carrée transformée de nos jours en pigeonnier.
Il est regrettable que les constructions dans lesquelles elle est englobée ne permettent point de voir l'ensemble des ruines de la chapelles don les voûtes existent encore ; elle doit être antérieure au XII° siècle. C'est sans contredit à cette chapelle et à la source qui coulait auprès que le château de Cassan doit son origine.Num_riser0016
Sur la droite on aperçoit la tour carrée, surmontée d'une horloge qui donne les heures aux campagnes avoisinantes.

Cassan_35Entre les deux ailes, un petit jardin avec un réservoir. Et enfin, sur la gauche, appuyée au cloître, l'église romane surmontée de son édicule, un des plus beaux spécimens d'architecture byzantine du midi de la France.
Ce monument, de forme circulaire, est percé dans sa partie inférieure de six ouvertures séparées par des colonnettes à chapiteaux ornés de feuillage, sur lesquels viennent se reposer des archivoltes.
Sur la toiture en pierre s'élève une petite tourelle cylindrique percée de baies très rapprochées que surmonte une calotte sphérique. Il est construit en petit appareil d'un grès très dur qui a pris une coloration rougeâtre.
Num_riser0017Nous avons toujours émis des doutes sur la destination primitive du campanile de Cassan. On remarque en effet sur le côté droit de l'église les ruines d'un ancien clocher à base carrée, couronné probablement autrefois par le campanile actuel.
Lors de sa démolition, afin de conserver la partie supérieure, on  jugea à propos de le reconstruire sur la voûte de l'église.
La plupart des clochers romans, si sobres dans leur décoration se terminent généralement par une partie cylindrique affectant des formes très variées.
D'ailleurs, les constructeurs de l'époque romane qui étaient logiques, n'auraient pas élevé ce campanile sur le faîte de l'église, où il n'aurait eu aucune destination, car primitivement il devait renfermer la cloche du monastère, tout porte donc à croire que son emplacement était autre.Cassan_414
Sa silhouette se détachant au sommet d'un clocher élevé désignait de loin au voyageur, l'emplacement du cloître.
L'église romane a une seule nef, avec arcades simulées. Sur les murs latéraux, des baies à large évasement ne laissaient parvenir que très peu de lumière dans l'édifice.
Cassan_76Ce monument serait très beau à voir si de grands tonneaux, des murailles noircies par la fumée d'une ancienne distillerie et les dégradations de toutes sortes ne lui avaient pas enlevé son premier caractère. Num_riser0018
La porte d'entrée de la façade avec les archivoltes ornées, son architecture sobre est très belle. Elle est murée depuis longtemps. Au-dessus une rosace jette une lueur blafarde dans l'édifice à travers les carreaux noircis.
Cassan_48On peut admirer quelques colonnes et chapiteaux romans qui se détachent vigoureusement du nu du mur.
Le vandalisme du XVIII° siècle, qui consistait à mettre au goût du jour les vieux édifices, avait presque terminé son oeuvre de destruction, aux colonnes cylindriques, aux grands chapiteaux, on substituait des pilastres corinthiens, les archivoltes et le profil roman, à larges saillies, disparaissaient sous la maigre moulure, lorsque la révolution, qui vit démolir plusieurs de nos monuments, arriva cependant à temps pour arrêter le marteau de ces réformateurs de mauvais goût (planche XIX) et sauver quatre colonnes et chapiteaux qui nous permettent de juger de l'oeuvre de l'ensemble.Num_riser0019
Le choeur fut reconstruit au XVIII° siècle. Aujourd'hui de vastes caves en pierre occupent toute cette partie.
Une porte latérale du même style que celle de la façade donnait accès au cimetière.
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Monsieur Crouzat, dans la monographie du Prieuré de Cassan, parle des oubliettes de ce monastère. Nous lui empruntons à ce sujet la description qu'il en donne.
"On voit encore entre ces deux semblants de contreforts, qui ne sont autre chose que les parois de la tour, une voûte recouverte de briques et entourée de lauriers tins. Deux bancs de pierre sont placés dans cet espèce de cabinet de verdure où conduisent deux sentiers aux sinuosités ombrageuses. On y goûterait volontiers la fraîcheur aux heures les plus brûlantes de la canicule, ou bien le soir on y écouterait avec délice le chant du rossignol si on ne savait qu'en dessous était le vade in pace du couvent. C'est en visitant cette horrible demeure que notre présemption sur l'existence primitive du clocher s'est changée en certitude ; car en pénétrant sous la voûte on se heurte au pilier d'un petit escalier en spirale dont on ne compte plus aujourd'hui que sept ou huit marches.
Une froide humidité règne en ce lieu que la favorite du prince de Conté avait transformé en glacière. Mais il paraît qu'il devait exister un autre cachot, car le père Leroger, dans la Vie du Père Blanchard, abbé de Ste Geneviève, parle d'un lieu souterrain placé sous l'ancien réfectoire. Seon lui ce lieu faisait horreur."
La vue du château de Cassan (planche XVI) montre au premier plan l'église avec son campanile et le prieuré dont la façade est percée de 57 ouvertures.
Le bois de Ste Marthe laisse apercevoir au dessus des taillis les ruines d'une ancienne chapelle qui était autrefois un but de pélerinage.
Sur la rive droite du château, de grands viviers fournissaient aux bons Pères de belles carpes et les bois voisins un gibier abondant.

Tiré du livre "l'Hérault historique" écrit par Albert Fabre et Paul Fabre en 1876

Posté par choupanenette à 16:20 - L'Hérault Historique 1876 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 25 juin

GABIAN - Source d'huile pétrole

Une source, la seule en France comme spécialité, est la fontaine d'huile pétrole située sur la rive droite de la rivière de Tongue, à 1 kilomètre de Gabian (canton de Roujan).
Dans la seconde moitié du XVIII° siècle elle fut restaurée par les soins de Monseigneur Bruno de Bausset, évêque de Béziers. On présume que cette source vient de la montagne Cadablès entre Gabian et Laurens.
Le pétrole est reçu dans un bassin d'une contenance de 25 à 30 hectolitres, où tombent les eaux noires de trois acqueducs intérieurs formant un courant de 8 centimètres de diamètre. C'est avec l'eau de ces aqueducs qu'est entraîné ce produit minéral. (1)
Il se présente en forme de lames qui surnagent dans le bassin, se réunissent et forment une couche d'huile plus ou moins épaisse, suivant qu'on est plus ou moins de temps à l'enlever. Un aqueduc dont l'ouverture se trouve en bas du bassin, porte les eaux dans la rivière la Tongue, sans que par cet écoulement continuel l'huile qui surnage puisse être entraînée.
Avant 1824, les produits annuels de cette source étaient de 83 à 102 kilogrammes qu'on vendait depuis 7 francs et 25 centimes jusqu'à 12 fr. 50 le kilogr. On les recueillait tous les 15 jours.
Il y a quelques années une compagnie anglaise fit exécuter des fouilles qui ne donnèrent aucun résultat.

(1) L'huile est bonne pour résoudre, guérir les douleurs froides et les enclouures des chevaux.
L'eau est bonne pour les pâles couleurs et la gravelle.

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Posté par choupanenette à 17:06 - L'Hérault Historique 1876 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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