jeudi 14 août
Le scorpion occitanien
Transportons-nous sur le littoral de la Méditerranée, aux environs de Montpellier, de Marseille, de Nîmes ou de Perpignan, dans un de ces terrains sablonneux si favorables à la culture du pin.
Soulevons avec précaution les pierres ombragées, nous ne tarderons pas à rencontrer au gîte le solitaire grincheux que nous sommes venus déranger pour la satisfaction de notre curiosité et non pas du tout pour l'attrait de sa personne.
C'est le fameux Scorpion occitanien (Scorpio occitaneus), ainsi baptisé de l'ancien nom du Languedoc, sa patrie. Au premier abord, on trouve à cet étrange petit animal quelque ressemblance avec un crustacé. il n'est ni bien gros ni bien grand, 5 à 6 centimètres de longueur seulement ; mais l'exiguïté de la taille n'empêche pas la méchanceté, au contraire.
A peine l'avons-nous débusqué qu'il flaire un ennemi, il se soulève sur ses pattes, il dresse ses pinces d'un air querelleur et, relevant brusquement, jusque par-dessus sa tête, sa queue armée d'un aiguillon redoutable, il la projette à gauche, à droite, en avant, fouettant l'air avec une vigueur et une rage inconcevables. Et pourtant, que lui avons-nous fait ? Nulle offense. (si vous l'avez dérangé !)
Ayons bien soin de ne pas nous laisser toucher par cette queue perfide : elle blesse et tue. La piqûre du Scorpion occitanien, bien autrement douloureuse que celle du Scorpion européen, est extrêmement dangereuse pour l'homme. (n'exagérons rien quand même) La petite plaie qu'elle occasionne gonfle, rougit, puis noircit, se tuméfie. Le membre piqué se couvre de pustules de mauvais augure, s'engourdit et finit par s'immobiliser. Bientôt la fièvre survient, accompagnée de frissons, de mouvements convulsifs, de vomissements et de syncopes prolongées. La durée du malaise est plus ou moins longue, suivant la constitution des individus piqués. L'issue a même quelquefois été fatale.
Est-ce donc la seule piqûre du petit dard acéré qui cause tous ces désordres ? Non ; car la mort peut survenir sans son concours. Ceci demande quelques explications.
Le Scorpion qui appartient, comme l'on sait, à la famille des Arachnides pédipalpespédipalpes, est un animal bizarrement conformé. Le thorax, épais et lourd, se termine à la partie antérieure par deux fortes pinces ayant de l'analogie avec celles des crabes, et à la partie postérieure par une longue queue qui n'est en réalité que l'abdomen rétréci, puisque le tube intestinal la parcourt dans presque toute son étendue.
Cette queue est formée de six anneaux dont le dernier, muni d'un aiguillon, est l'officine où s'élabore un poison subtil.
Dès que le Scorpion est agité par la colère, l'épouvante ou la voracité, une gouttelette de liquide apparaît à la pointe de l'aiguillon. C'est le venin que cet empoisonneur tient constamment tout prêt pour l'inoculer à tort et à travers, car il est toujours sur la défensive. Toute petite proie piquée meurt au moment même où le poison pénétre dans la plaie. Mais, si d'une façon quelconque l'inoculation est arrêtée, la blessure n'est plus mortelle.
Le Scorpion occitanien se cache avec soin, il fuit la lumière et se tient tout le jour dans son étroite bauge, véritable charnier rempli de débris de pattes, de corselets d'insectes, d'ailes et d'élytres, restes des nombreuses victimes de sa voracité ; il ne sort qu'à la nuit tombante pour aller à la chasse.
Le Scorpion occitanien détruit et ne crée rien, il ne travaille que pour lui-même, et seulement quand il y est contraint et forcé. Le logis qu'il occupe n'est pas toujours son oeuvre : s'il ne trouve pas sous la pierre qu'il a choisie de cavité toute prête à le recevoir, il se fait, à la mesure de son corps, une galerie qu'il foule, qu'il tapisse d'une matière soyeuse à la manière de certaines Mygales. C'est dans ce gîte qu'il digère sans remords ses victimes et que, repu et non assouvi, il se tient tassé dans la position la plus abandonnée, les pinces étendues, la queue reposant sur le sable, courbée tantôt à droite, tantôt à gauche.
Mauvais voisin, mauvais époux et mauvais père, on ne le trouve jamais qu'en compagnie de la vieille défroque qu'il a quittée à sa dernière mue. Hostile au genre humain, à toute espèce animale, le Scorpion occitanien est sans cesse en guerre même avec ses semblables.
Le plus grand ennemi du méchant, n'est-ce pas le méchant ?
Mme Gustave DEMOULIN - Article de 1880
lundi 25 février
Un château hanté
C'est celui de Pignan (10 km de Montpellier) dans les caves duquel on vient de dégager une jarre recouverte d'un blason en plomb, portant l'inscription : "Elisabeth Radziwill, princesse, née comtesse de Chodkiewicz, décédée le 10 avril 1804".
Dans la jarre gisaient les restes de la princesse. La famille du prince s'était réfugiée au château d'Ermenonville (Oise) dans le parc duquel fut inhumé Jean-Jacques Rousseau.
Le comte Mercure de Turenne, propriétaire du château de Pignan, était général de brigade, chambellan de Napoléon et possédait, entre autres, le château de Courtomor (Orne).
La rue principale de Villeveyrac, vingt kilomètres après Pigan, porte encore son nom... (Article de 1969)
lundi 01 octobre
Humour Lodévois
Quatre gosses vantent leur père et parlent d'exploit.
Le premier dit : "Mon père il peut faire Lodève-Montpellier avec sa voiture en 35 mn".
- "Mon papa il est bien meilleur : un jour qu'on était pressé, on l'a fait en 29mn et 35s, na ! lui répond le second.
Le troisième propose bien mieux : "Eh bien, mon père lui, avec sa moto il met 20 mn !"
Alors le quatrième garçon qui n'avait rien dit jusque là, met tout le monde d'accord : "C'est mon père qui est le meilleur de tous ! Parce qu'il est fonctionnaire, et tous les jours il termine son travail à la préfecture à 17 h mais à 16 h 30 il est déjà à sa maison de Grézac-le-haut !".
Lodève - La Lergue
mardi 20 février
Légende de la Fontaine de l'Ange de Mourèze
"En des temps plus lointains qu'on ne pourrait l'imaginer, un jeune couple pourchassé par les autres hommes vint chercher un refuge parmi ces rocs effrayants et maudits ; ils vivaient cependant sous la menace d'une mort prochaine, car aucune racine comestible ne poussait sur ces pierres, et pas la moindre source n'y murmurait sa chanson. Or, jadis comme de nos jours, il était impossible de vivre uniquement d'amour, surtout quand l'eau fraîche faisait totalement défaut ! Certes, par les jours d'orage les bas fonds s'humectaient de maigres ruisselets, mais bien vite l'eau disparaissait sous les sables ou s'évaporaient au creux de vasques naturelles.
Les deux jeunes gens, pensant fléchir les divinités qui régnaient sur ces terres damnées, eurent l'idée de déposé à leur intention, au pied de la roche la plus haute, les modestes bijoux d'os et les rustiques ustensiles composant toute leur richesse.
Mais alors apparut à leurs yeux étonnés un Génie bienfaisant. Apitoyé, il leur recommanda de creuser un trou profond pour y déposer leur offrande. Ainsi firent-ils et, à leur grande surprise, ils virent bientôt monter du fond de l'excavation une eau qui leur parut délicieuse. Quand elle parvint à la surface, elle se mit à couler en formant une rivière qui s'éloigna gaîement vers la vallée prochaine.
Désormais la vie était assurée aux deux exilés ; ils cultivèrent les abords de leur demeure, purent nourrir leurs enfants, et plus tard la famille s'agrandit au point de constituer un village. Du bon Génie dont le souvenir était transmis fidèlement d'une génération à l'autre, les premiers chrétiens, comme cela arriva souvent dans cette période de transition, firent dans leurs récits ni plus ni moins qu'un ange."
L'Ange de la Fontaine, si nous avons bien compris, serait un des mille symboles de cette nature qui n'est jamais aussi rebelle ou hostile qu'on le croit communément. Car l'Homme, en utilisant ses trésors véritables, le travail, l'expérience reçue des ancêtres, surmonte les pires difficultés.
dimanche 11 février
Bizarre, bizarre
En 1769, les habitants de Gignac dans l'Hérault sont en émoi. La raison ? Un "sauvage" est dans leurs murs. Mieux, il les avale. Plus fort qu'un cracheur de feu ou qu'un avaleur d'épées, un homme venu on ne sait d'où se nourrit exclusivement de viande crue à laquelle il ajoute comme garniture plusieurs cailloux servis dans des plats différents. En hors-d'oeuvre, il mange une bonne assiettée de petites pierres. Avant le plat de résistance, un gros moellon, il prend une salade composée faite de morceaux de marbre mélangés à des pierres à fusil concassées. Entre temps il "grince des dents aux femmes", fume la pipe et fait glisser son repas à grandes rasades d'eau-de-vie. "On a observé, rapporte un témoin, qu'en lui secouant la peau du ventre, les cailloux dont il se remplit font du bruit".
samedi 10 février
Histoire du Midi
18 février 1907 : réunis autour de Marcellin Albert quelques viticulteurs d'Argeliers se cotisent pour envoyer un télégramme à 6F35 au ministre de l'Intérieur Clémenceau. Texte : "Midi se meurt - Stop".
jeudi 01 février
Fable du Cirque de Mourèze
Le renard et les cerises
Certain renard gascon... ou mieux languedocien
Entrant dans un verger vit de belles cerises.
Avait-il soif ? Avait-il faim ?
Ou n'était-ce que gourmandise ?
En tout cas, d'un seul bond le voilà qui s'élance
Sur l'arbrd, et de fruits mûrs emplit sa panse.
Mais bientôt par l'excès ou le sucre alourdi,
-Ou pour un bruit soudain retrouvant sa prudence-
Sautant au sol notre pauvre étourdi
Dans une fourche mit la patte et se pendit
La tête en bas... et de sa fin fut la cause :
Mille efforts redoublés ne servirent à rien !
Morale
Tout ça c'est bien la faute de la myxomatose :
Si le renard avait eu du lapin
Serait-il devenu végétarien?
vendredi 12 janvier
Embarqué pour générosité
Article paru dans la Gazette de Montpellier
jeudi 11 janvier
Johnny Hallyday et la presse
Oncle Picsou
Johnny Halliday s'exile en suisse. Le malheureux réfugié s'en expique : il serait si accablé d'impôts qu'il n'aurait quasiment plus de quoi nourrir sa famille. L'an dernier, en effet, il aurait gagné environ six millions d'euros. Là-dessus, dit-il, le fisc me prend soixante-dix pour cent.
Un tas d'inutiles
Le calcul est faux : avec le vote du "bouclier fiscal", l'impôt total, impôt sur les grandes fortunes compris, ne peut plus dépasser un maximum de 60 % du revenu, quel que soit ce revenu. Monsieur Breton, ministre des Finances, a d'ailleurs invité Johnny à passer le voir pour le lui expliquer. N'importe, réplique Johnny : avec 200 000 euros par mois -pour lui seul le salaire de 180 smicards-, comment joindre les deux bouts ? Comment entretenir le yatch, les propriétés, les domestiques, alors que l'Etat, lui, gaspille ce bel argent à rétribuer stupidement des infirmières, des enseignants, des pompiers, un tas d'inutiles ? (je ne serais pas tout à fait aussi tranchante, j'ajoute un petit bémol : il fait travailler des gens lui aussi, et le commerce, si certains fabriquent des yatchs, pour que ces gens là vivent; il faut bien que d'autres les achètent !?)
Trou perdu
Mais il est une chose à quoi ce grand patriote n'a pas songé. Gstaad, l'endroit où il sera obligé de résider au moins la moitié de l'année, sous peine de perdre cet avantage fiscal, c'est un trou perdu. Il ne s'y passe strictement rien. On y parle une variante locale de l'allemand, incompréhensible à Johnny qui parle déjà difficilement le français. Le village est enseveli sous la neige la plupart du temps et si on n'aime pas pratique le ski de fond en solitaire on s'y ennuie à mourir - ce sont les journaux suisses eux-mêmes qui le disent. Johnny, tel Onc'Picsou, y passera ses journées à se rouler dans son tas d'or et à contempler ses beaux billest à l'intérêt général. Et nous, pauvres mais heureux, nous resterons ici et nous nous amuserons bien pendant ce temps. Michel CRESPY
Article paru dans la Gazette de Montpellier



















































