Les évènements des années 1939 et suivantes ont eu, sur le Languedoc comme sur le reste de la France, leurs répercussions, tantôt douloureuses et tantôt glorieuses. La province paticipa du sang des meilleurs de ses fils à la campagne malheureuse de 1940. La défaite venue, elle souffrit, plus que beaucoup d'autres, de la disette qui s'ensuivit et qui se fit particulièrement sentir en Bas-Languedoc, pays consacré presque exclusivement à la viticulture et privé de cultures vivrières.
Après la rupture de l'armistice, le 11 novembre 1942, la zone sud dite libre fut envahie à son tour et nos départements connurent les rigueurs de l'occupation ; d'autre part, le Service du Travail obligatoire les privaient de l'élite de leur main-d'oeuvre. Bon nombre de requis, cependant, refusèrent de se rendre en Allemagne, et, comme les Camisards du XVIIIe siècle, se réfugièrent dans les montagnes. Les Cévennes, la Montagne Noire, les Corbières abritèrent ainsi de nombreux dissidents, contre lesquels des représailles sanglantes furent exercées, notamment à Nîmes où dix-neuf d'entre eux furent pendus.
L'année 1944 amena la libération de notre territoire. Le débarquement sur la côte méditerranéenne se produisit en Provence. Rappelons que le Commandant de l'armée française qui y prit part, le Général de Lattre de Tassigny, s'était vu confier en 1942 le commandement de la région militaire de Montpellier ; ayant refusé d'accepter la rupture de l'armistice du 11 novembre, il avait été condamné à dix ans de prison, mais s'était évadé pour gagner l'Afrique du Nord.
La destruction des voies de communication par l'aviation alliée, au printemps et durant l'été de cette année 1944, valut de rudes bombardements aux villes de Toulouse, Narbonne, Montpellier, Nîîmes, etc.
Le débarquement mit un terme à ces épreuves, obligeant l'armée d'occupation à une retraite précipitée, tandis que la "Résistance" assurait l'administration des territoires au fur et à mesure de leur libération.

Petite Histoire du Languedoc - Pierre MOREL