Colline, sous tes pins que balancent les brises,
Sur la lavande et sur le thym,
Devant ces grands rochers dont les arêtes grises
Se profilent dans le lointain,

Il me souvient de soirs lumineux de septembre,
De troupeaux perchés sur un roc,
De l'Hérault, de sa plaine où rougissent les pampres
Et du beau ciel de Languedoc.

Cyprès aux troncs rugueux, votre ombre m'est chère 
Sous le beau ciel d'été,
Je passerais des jours couché sur votre terre, 
Loin de toute cité.

Le village n'est plus qu'un toit gris dans la plaine,
Devant la colline des pins,
Le vent qui vient des monts parfume son haleine
De lavande et de romarin.

Les oliviers givrés qu'habitent les cigales
Se groupent au flanc des coteaux
Et tout près pousse un champ de fleurs pauvres et pâles
Entre les pierres des tombeaux.

O morts abandonnés des humaines mémoires,
Splendides dans votre fierté,
L'ombre de ces cyprès aux cîmes presques noires 
Vous bénit pour l'éternité.

Dans la garrigue, ô mas entouré de lavande,
De chênes verts et de cyprès,
A l'ombre de son toit mon âme te demande
Quel est le secret de ta paix.

Et tu réponds : "De l'aube au serein crépuscule,
Grisé d'un idéal soleil,
Je n'entends dans le thym que le pas de la mule
Près de la vigne au fruit vermeil."

Pierre ROSSILLON 

14nov06_027

Ces vers traduisent avec émotion le charme et la beauté du paysage languedocien. L'auteur évoque les vignobles féconds que l'automne rougit, la colline odorant sous les cyprès rigides, le chant des cigales dans les oliviers gris, les tombeaux épars, le petit "mas" silencieux dans la grande paix de la campagne lumineuse.