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Si les lieux d'aisance n'ont pas toujours existé, le pot de chambre eut toutefois son ère de prospérité. Prospérité aussi indispensable que discrète car il faut bien avouer que l'objet n'avait rien d'engageant ! 
Partout, le videur en savait quelque chose, ce non-anobli vide-pot dont le rôle peu gratifiant consistait à débarrasser les récipients de leur contenu dans un camion... Certains Piscénois (habitant de Pézenas dans l'Hérault) se souviennent encore de "la Torpille", ce tout-à-l'égout mobile et de son "vidangeur d'odeurs". Pour remercier l'homme d'accomplir cette tâche peu honorifique, une pièce de monnaie était déposée sous le contenant. Dans "Connaissance du pays d'Oc" de juillet 1978, Jacques Durand relève d'ailleurs l'épisode en notant que le seau du propriétaire qui s'était montré chiche n'était délesté que partiellement. Le fait tenait plus à un avertissement qu'à une "machada" (plaisanterie), mais cette forme de racket sournois n'était pas sans débusquer quelques ennemis au détenteur des faits. C'est encore à l'arrière des camions vidangeurs des Établissements Pradille de Vauvert, que l'on pouvait mesurer le déshonneur de la tâche avec un résumé du charroi en deux mots : "matières infectes".
Au début des années 1960, à Pinet, les seaux hygiéniques émaillés tenaient le garde-à-vous chaque matin sur les devants de porte. L'employé passait chaque fois aux mêmes heures avec sa remorque-citerne tirée par un âne. La région notait quelques retards de ce côté et l'expression "vaï caga à la vigne" n'avait rien d'une boutade. 
Vers 1945/1950, la mairie d'Aubais ne possédait pas son lieu d'aisance. Pour libérer les encombrements, il faillait descendre le chemin de l'Argillier afin de gagner la campagne viticole. "La cabane au fond du jardin" chez les paysans, avait quant à elle, une longueur d'avance puisque son écoulement aboutissait au tas de fumier. Une affaire en somme scatologiquement bienfaisante pour le royaume des gallinacées !