Le jour fixé pour la seconde visite de Marie arriva. La veille, on avait érigé la croix de fer à l'endroit indiqué par la Vierge. Les catholiques de la contrée étaient dans l'attente de ce qui allait se passer.140410_010
Voici en quels termes, Auguste Arnaud, en présence de la Commission ecclésiastique, raconta cette nouvelle Apparition.
"Elle eut lieu le 8 juillet, comme elle m'avait été annoncée. Mais j'ignorais l'heure à laquelle s'accomplirait cet évènement. C'était un mardi. Je partis vers 4 h 30 du matin pour ma vigne et je travaillai jusqu'à 7 heures, selon que j'ai pu l'apprécier. A ce moment, j'étais à 45 ou 50 mètres de la Croix, lorsque tout à coup, à 2 mètres devant moi, j'aperçus de nouveau la personne de la première Apparition. A peine l'eus-je vue que, rapide comme l'éclair, elle fut sur la Croix, me trouvant toujours devant elle à la même distance de 2 mètres. Je ne sais, je ne puis comprendre comment je me suis trouvé là, ni comment j'ai parcouru la distance qui séparait le lieu où j'étais d'abord de la Croix au pied de laquelle je me suis ensuite trouvé."
Interrogé pour savoir si ses pieds ne furent pas embarrassés pendant cette marche rapide, Auguste répond qu'il n'a rien vu en ce moment autour de lui, absorbé qu'il était par cette Apparition.
"La Sainte Vierge, dit-il, avait les mêmes traits et la même expression que la première fois. Ses vêtements étaient de même forme, mais de couleur d'or, et paraissait encadrés dans une atmosphère lumineuse, dorée, de quelques centimètres de large ; sa figure était pleine de clarté, les mains, croisées sur la poitrine et sous le voile, étaient entourées d'un chapelet toujours de couleur d'or."
L'Apparition se plaça à l'extrémité supérieure de la croix et dit à Auguste, toujours dans la langue du pays :
"Cal pas trabaya lou diménché" : Il ne faut pas travailler le dimanche.
"Héroux lou que créido et malheroux lou qué créido pas" : Heureux celui qui croira et malheureux celui qui ne croira pas.
"Cal ana à Nostra-Dama de Gignac en processiou" : Il faut aller à Notre-Dame de Gignac en procession.
"Sérès héroux embé touta la familla" : Vous serez heureux avec toute votre famille.
"Alors, elle fit glisser le chapelet sur la main gauche et, de la main droite, elle donna la bénédiction à la foule, comme font les prêtres à la fin de la messe, en disant :
"Que cantou dé canticas" : Qu'on chante des cantiques.
"Et elle disparut de la même manière que la première fois."
Aussitôt, la foule en délire entonne le Magnificat et entoure le voyant : tous veulent le voir, le toucher. Protégé par son père et quelques amis, Auguste peut échapper à ces manifestations bruyantes.
Rentré chez lui, dit un témoin, Fournier, propriétaire à Saint-Bauzille, il embrasse sa famille et, tout rayonnant de joie, se retire dans sa chambre.
Quel est cet homme qui affirme avoir vu la Vierge et que la foule réclame avec un enthousiasme indescriptible ?

Histoire de Notre-Dame du Dimanche de Saint-Bauzille de la Sylve - Chanoine Blaquière - Archiprêtre de Saint-Nazaire de Béziers.