Mesures prises pendant la contagion de 1628 et années suivantes pour la conservation de la santé publique.

Le 1er juin 1628 les consuls passent un contrat avec maître François Causeban, chirurgien, dont nous extrayons le passage suivant :
Maître Causeban verra tous les malades du lieu et les assistera de tous les remèdes qui leur seront nécessaires aux prix suivants :
Chaque saignée, un sou ; pour les ventouses qui ne se comptent pas, quatre sous ; pour chaque clystère, un sou ; s'il y met des remèdes extraordinaires ils lui seront payés.
Pour les autres médicaments employés, lui seront payés par ceux auxquels ils seront employés ; s'ils ne sont pas d'accord sur la taxe, se retireront à la justice du lieu, qui en fera la taxe aux parties,
Au cas qu'il viendrait au dit lieu des malades de l'Espital, le dit Causeban sera tenu de servir des ventouses, saignées, etc, sans rien payer, et s'il fournit des remèdes lui seront payés par le procureur de l'hôpital.
En cas de maladie contagieuse, sera tenu de se tenir dans Montblanc, pour le service des habitants, sans augmentation, etc.
Sur les bruits de contagion qui circulent dans le pays, le conseil général décide le 19 octobre 1628, que les habitants passeront deux par deux à chaque porte de la localité ; ceux qui manqueront seront amendés pertinant (de suite) et l'amende sera de trois livres payée pertinant, qui sera employée aux pauvres du lieu.
Il est en outre fait choix de six personnes pour juger et décider toutes affaires pour la conservation de la santé publique, et faire payer toutes amendes données et ordonnées contre les habitants qui seront de porte, quand le tour viendra, et qui manqueront.
Le 29 juin 1629, un contrat est passé avec François-André, maître-chirurgien de Saint-Thibéry qui, outre les conditions énoncées ci-dessus, reçoit annuellement 33 livres.
Le 20 septembre suivant, les habitants du lieu, qui travaillaient à la métairie de Saint-Jean-de-Libron, sont mis en quarantaine jusqu'à la visite du chirurgien, attendu que les consuls ayant été avertis que le sieur de Bordas, propriétaire de ladite métairie, avait fait apporter des meubles de Béziers, où était la maladie contagieuse.
Sur le rapport et avis du chirurgien, les consuls décident et ordonnent : "que les personnes visitées quitteront leurs habits, les apporteront et les mettront dans la rivière pour y demeurer 24 heures ; après ce temps là, les y laveront avec de l'eau bonne et les feront, une fois secs, parfumer avec du cadé (genévrier).
Le 24 septembre, un nouveau contrat est passé avec Claude Maraval, maître-chirurgien, de Marseilhan ; il lui était payé cent livres par moitié et d'avance, et en cas de maladie contagieuse cent livres pertinant ; somme qui fut portée à celle de 180 livres.
Les saignées furent élevées d'un sou au chiffre de huit sous, ainsi que les autres opérations, et pendant l'épidémie à dix sous.
Pour faire face à toutes ces dépenses, le conseil politique délégué un député près la cour des aides de Montpellier qui se trouvait à Montagnac, afin de demander l'autorisation d'emprunter 320 livres 5 sols, pour payer le chirurgien et les hommes de garde à la porte, pendant la maladie contagieuse.
Un conseil de santé avait été formé au commencement de l'épidémie, suivant les prescriptions de l'arrêt du parlement de Toulouse, du 7 août 1720, il était composé ;
Du bailli, du procureur juridictionnel, du premier consul, du curé, de trois habitants : les sieurs de Vauclauzac, Antoine de Roys et Jean Nouthou.
Ce conseil veillait à la fermeture des portes à 8 heures du soir et à l'ouverture au jour seulement.
Il faisait la visite des maisons pour savoir s'il y avait des malades ou des veneurs des lieux suspects, et cela trois fois par semaine. Il allait également chez les marchands pour voir si les denrées vendues étaient de bon aloi.
Un jugement rendu par les membres du conseil de santé porte : "Que Carrion, boucher, ayant égorgé une bête mal saine, est mis à l'amende de 20 livres et la bête jetées hors les murs pour être dévorée par les chiens."