Le Pont du Diable a son histoire et sa légende.

Il fut construit à frais communs par le monastère d'Aniane qui fournit les pierres, le bois, la chaux le sable, le fer, le plomb, et par le monastère de Gellone, qui solda le maître de l'oeuvre. Il fut convenu qu'on n'établirait ni maison, ni cens, ni péage d'un côté ni de l'autre du nouveau pont, et qu'on partagerait le poisson pris d'Aniane à Clamouse, par parts égales, entre les deux monastères.
La légende est celle de tous les ponts du Diable.
Le Diable, qui ne se montre guère malin en l'occurrence, s'engage à construire un pont de toute solidité si on lui promet l'âme du premier passant. Le travail achevé, Messer Satanas, s'assied sur le parapet  et attend sa victime. Les indigènes, les ingrats, s'arrangent pour faire traverser le pont par un chien avec un instrument de cuisine attaché à la queue. Dans le Nord, c'est une casserole ; dans le Midi, c'est plutôt une vieille sartan (poêle à frire).
Avec forces galéjades, on invite l'architecte infernal à se payer. On brave sa colère, on se moque de sa rage, car on pris soin d'apporter des aspersoirs et de l'eau bénite.
Le diable essaye alors de briser son ouvrage, mais il a si bien travaillé qu'il ne peut y réussir. C'est en vain qu'il fait rouler du haut de la montagne d'énormes quartiers de roc.
Le clergé prend possession du pont et le bénit. Le malin, mal payé de son travail, mais puni de sa sottise, va chercher dans les villes du gibier plus facile à saisir et bien plus précieux pour lui que l'âme d'un malheureux roquet.
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